L’économie nationale, affirme le ministre de l’Emploi, aura besoin d’entreprises pour devenir concurrentielle, mettant en relief l’importance des PME. Vecteurs de développement socio-économique et de création de richesses, d’emplois et d’innovations technologiques, elles contribuent largement au renforcement de l’attractivité du pays en matière d’investissements. Ces entités auront-elles une place dans la politique d’export engagée par le gouvernement ? Pour Mohamed Bakalem, chef de division des études économiques au Conseil national économique et social, pour le développement des PME, dont le potentiel est «énorme», il est nécessaire de régler deux obstacles majeurs : la bureaucratie et le secteur informel. De son côté, Abderrahmane Abedou, directeur de recherche au Cread, les PME doivent d’abord s’affirmer sur le plan national. Le processus d’internationalisation, lui, «est une affaire de volonté de l’entreprise à construire sa stratégie et à fixer des objectifs tactiques et opérationnels, pour créer ses facteurs distinctifs dans une démarche d’ouverture». L’accompagnement par les institutions, soutient-il, ne peut se faire que «si les entreprises affichent une volonté à aller affronter la compétition à grande échelle, c’est-à-dire au niveau du marché mondial». Sur sa lancée, l’universitaire indique que les stratégies d’accompagnement «devraient se focaliser sur le confortement de ces entreprises, en impulsant plus de confiance et en les inscrivant dans une short-list des entreprises susceptibles de représenter la diplomatie économique d’un pays qui s’ouvre à l’international». La puissance publique, ajoute-t-il, «doit afficher une volonté réelle de soutien et d’accompagnement effectif au processus d’exportation». Mohamed Boukhari, économiste et enseignant à l’université d’Alger, indique que l’internationalisation des PME, notamment pour le marché africain, peut s’appuyer, entre autres, sur la croissance enregistrée ces dernières années en Afrique. «Un acquis irréversible», commente l’universitaire. Mais le chemin est aussi parsemé d’accrocs. Il est question des «risques élevés, dont l’instabilité macroéconomique, la méfiance envers les institutions et les retards en matière d’infrastructures, qu’il est impératif de prendre en considération». S’ajoute une situation paradoxale. Si les PME représentent le poumon de l’économie et la clé du développement, elles demeurent bien le parent pauvre des financements. «Pour la partie formelle de l’économie, les banques font face à deux grandes contraintes. La première est liée à la lenteur du recouvrement judiciaire. La seconde est associée aux risques liés aux entreprises. Ceux-ci sont loin d’être négligeables en Algérie. Les différentes études montrent qu’ils sont liés à la présence des asymétries d’information, projets non bancables, secteurs d’activité non porteurs, détournements de crédits, non-respect des engagements et manque de transparence de la part des entreprises». L’équation, pour ainsi dire, est à plusieurs inconnues et nécessite une approche globale pour être résolue. Il n’est un secret pour personne que la taille de ces entreprises en termes de moyens matériels, humains, financiers, organisationnels et technologiques peut constituer un handicap à l’approche des marchés étrangers. D’autre part, les PME nécessitent des frais spécifiques lourds, un savoir-faire avéré, et seront confrontées à de nombreux intermédiaires et à une prise de risques élevés.