Sonatrach est en train de s’équiper davantage pour produire plus de gaz naturel liquéfié (FNL). Elle a fait appel, pour ce faire, à l’expertise chinoise. En effet, elle a signé, hier à Alger, avec China Harbour Engineering Company (CHEC), un contrat portant sur l’étude, la fourniture et la construction d’une jetée maritime GNL et des infrastructures maritimes
et portuaires localisées dans le port d’hydrocarbures de Skikda dénommé El Djedid.

Le projet, d’un montant contractuel de près de 53 milliards DA, consiste à réaliser une jetée GNL et des infrastructures maritimes et portuaires, permettra l’optimisation de la production du complexe GNL, le chargement des méthaniers de grande capacité pouvant atteindre 220.000 m3 et le chargement des tankers aux grandes capacités de transport (entre 50 000 et 250 000 tonnes).
Ce projet, dont la mise en service est prévue dans 28 mois à partir de l’entrée en vigueur de ce contrat réalisé sous la formule d’Engineering Procurment Construction (Ingénierie, Approvisionnement et Construction) porte également sur la reconversion du poste existant de GNL de manière à lui permettre de produire du GPL, sur l’adaptation du poste existant pour le déchargement des méthyl tert-butyl éther (MTBE) ainsi que sur la réalisation d’un nouveau poste d’accostage pour navires avec une aire de stockage pouvant atteindre 15 hectares. Inscrites dans la Stratégie de Sonatrach à l’horizon 2030 (SH 2030), la réalisation d’une nouvelle jetée de GNL et l’extension du port pétrolier de Skikda permettront au méga-train GNL, situé dans cette wilaya, de porter sa production à sa capacité nominale et de l’accostage de navires de grandes capacités, ouvrant ainsi des perspectives supplémentaires de marchés pour le GNL algérien. Selon des données élaborées par l’Office national des statistiques (ONS), et rendues publiques, il y a quelques jours, la production dans la branche de liquéfaction du gaz naturel a diminué de 25,9%, une très forte baisse.
Sonatrach veut réfréner cette tendance en consentant de gros investissements dans la transformation de gaz, tout en jouant la carte de la cohérence d’ensemble en matière de consommation d’énergie sur le marché domestique.

Stabiliser la consommation
Cela est d’une importance cruciale pour l’équilibre entre consommation et exportation et pour l’avenir énergétique du pays. Mesurer la consommation doit être la priorité première. Et le P-DG du groupe Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, sait de quoi il parle quand il évoque cela. Il a insisté hier à l’occasion de la signature de ce contrat sur l’impératif de stabiliser la consommation locale en gaz naturel, qui est en accroissement continu. Et de souligner : On a un mode de consommation de gaz exponentiel. On ne peut pas continuer à consommer autant de gaz et aussi rapidement. Le véritable challenge que nous devons relever est de stabiliser la consommation locale en ce produit énergétique. Le P-DG de Sonatrach répondait en fait à une question sur les quantités de gaz exportées par l’Algérie en 2018, jugeant ainsi important de se focaliser plutôt sur un problème de fond : Comment pouvoir stabiliser la consommation nationale en gaz. Pour le moment, le pays n’a pas encore trouvé une solution au problème. Il perpétue un modèle de consommation d’énergie hybride, gaspilleur et coûteux, basé sur le pétrole et le gaz, le mix-énergétique pouvant attendre semble-t-il. Ce dont les experts sont cependant sûrs, c’est que l’actuel modèle s’essoufflera un jour. Le pays est appelé à l’abandonner. Ould Kaddour a indiqué que l’Algérie, dont la production actuelle de gaz naturel oscille entre 130 et 140 milliards de m3, a exporté, en 2018, 50 milliards de m3, soit quasiment la même quantité que celle exportée en 2017. Pour rappel, les chiffres du ministère de l’Energie indiquent que la production actuelle de l’Algérie en gaz naturel est de 130 milliards de m3, répartie entre 50 milliards de m3 destinés à la consommation interne, 50 milliards de m3 réservés à l’exportation et 30 milliards de m3 consacrés à l’activité des puits pétroliers.<