Dans sa dernière enquête sur le système de rémunération en Algérie, l’Office national des statistiques (ONS) enregistre une plus grande régularité de l’emploi et de meilleurs salaires dans les hydrocarbures et les finances. Ainsi, dans les secteurs pétrolier et
financier, les salaires nets moyens mensuels atteignent les 104 800 DA et les 60 000 DA, suivis par les branches de la production et distribution de l’électricité du gaz et eau avec 45 500 DA, et de la santé avec 45 000 DA. Pourquoi les salaires sont-ils élevés dans ces filières ? Pour l’ONS, ils le sont du fait que les entreprises relevant de ces deux secteurs emploient beaucoup de diplômés et qu’elles ont plus de moyens financiers que d’autres pour payer leur personnel. Cela s’appelle un système de rémunération spécifique. Par secteur et qualification, le salaire moyen des cadres le plus important est dans les industries extractives avec 129 462 DA, et la santé avec 94 300 DA. Il faut toutefois précisé que pour la Santé, il s’agit des structures de santé du secteur privé (services marchands), alors que celles du secteur public sont des services non marchands fournis à la collectivité (classées avec l’administration) et ne font donc pas partie du champ d’enquête. Par ailleurs, des écarts de salaires pour la même qualification selon les secteurs d’activités sont dans certains cas assez élevés. Ainsi, pour les agents de maîtrise, le salaire net moyen dans les activités extractives est de 98 600 DA, contre 36 100 DA dans le secteur de la construction. Pour les agents d’exécution, le salaire net moyen est de 72 850 DA dans les industries extractives contre 25 700 DA dans le secteur du commerce et réparation.
La qualification du salarié, le secteur juridique, la taille de l’entreprise ainsi que les spécificités de rémunération sectorielles des entreprises de certains secteurs sont les éléments les plus discriminants du niveau des salaires. Alors que le travail donne ainsi à certains la possibilité de gagner un revenu, d’apprendre et améliorer de nouveaux savoir-faire, beaucoup d’autres sont pris au piège de secteurs qui paient de faibles salaires et n’exigent que peu de compétences, avec de rares occasions de progresser ou d’échapper à la précarité de l’emploi. Il en est ainsi pour les employés du secteur de la construction. Le salaire net moyen mensuel y est le plus  faible avec 30 700 DA/mois.
Viennent ensuite dans l’ordre l’immobilier et services aux entreprises
(33 400 DA) et les hôtels et restaurants (33 600 DA).

De grosses disparités  de salaires
L’une des raisons essentielles du niveau relativement bas des salaires dans ces secteurs est l’emploi d’une forte proportion de personnel moins qualifié (agents d’exécution). Par ailleurs, par qualification, le salaire net moyen, tous secteurs confondus, est de 79 000 DA pour les cadres en 2017 (hausse de 1,91% par rapport à 2016) contre 47 300 DA pour le personnel de maîtrise (hausse de 1,32%) et 28 900 DA pour les agents d’exécution.
Par statut juridique et par activité, il est relevé que dans le secteur public, les salaires nets moyens sont plus élevés dans les industries extractives (105 700 DA), le secteur des transports et communication (57 200 DA) et l’activité financière (57 000 DA).
Par contre, ils sont relativement bas dans les secteurs de construction (36 200 DA) et hôtels et restaurants (35 400 DA). Dans le secteur privé, les activités les mieux rémunérées sont le secteur financier (74 600 DA), la santé
(45 000 DA) et le commerce et réparation (43 000 DA). A l’inverse, les activités les moins payées  sont les industries extractives  (26 200 DA), l’immobilier et services aux entreprises (28 200 DA) et la construction (29 800 DA). En résumé, le salaire net moyen mensuel en Algérie (hors secteurs agriculture et administration) a été estimé à 40 325 DA en 2017 contre 39 901 DA en 2016, soit une hausse de 1,06%.
Le salaire net moyen est composé du salaire brut diminué des différentes retenues (IRG, sécurité sociale et retraite). Par secteur juridique, le salaire moyen mensuel net a été de l’ordre de 56 200 DA dans le secteur public et de  33 000 DA dans le secteur privé national en 2017, soit une différence de 23 200 DA.
Celle-ci s’explique principalement par l’existence de certaines entreprises publiques importantes en termes d’effectifs avec un système de rémunération avantageux. L’enquête en question a été menée auprès de 762 entreprises composées de 535 sociétés publiques et de 227 sociétés privées nationales de 20 salariés et plus, représentant toutes les activités hormis l’agriculture et l’administration.