Habitué aux désillusions précoces en Grand Chelem, Alexander Zverev a fait «fort»,  hier à Melbourne. L’Allemand s’est fait écrabouiller par Milos Raonic en trois manches et moins de deux heures de jeu. Encore une sortie prématurée. Méritée. Mais le numéro 4 mondial a surtout regretté une chose après sa déroute : avoir aussi mal joué. Le reste n’est que littérature. De Londres à Melbourne, deux mois et
17 000 bornes de distance. Une éternité et le bout du monde pour Alexander Zverev dont le décollage programmé et tant attendu en Grand Chelem s’est une nouvelle fois terminé avant d’avoir quitté le plancher des vaches. Hier, l’Allemand a perdu son premier huitième de finale austral face à un Milos Raonic en feu, qui l’a éparpillé façon puzzle au cours d’un match qui ne s’est pas éternisé mais a sans doute trop duré pour le numéro 4 Mondial, vainqueur du Masters à la mi-novembre à Londres.

«Vous ne regardez jamais  mes matches ?»
Hier, il avait débuté en breakant son adversaire canadien. Il est vite retombé sur terre. Et n’était pas d’humeur badine en conférence de presse. Notamment lorsqu’il a dû répondre à un journaliste qui lui a demandé s’il s’en prenait souvent à ses raquettes, comme il l’a fait sur la Rod Laver Arena au cœur du deuxième set. «Vous ne regardez jamais mes matches ? Vous devriez regarder mes matches». Ambiance.
Et sur le fond ? Non, Zverev n’a souffert d’aucun pépin physique. «J’ai mal joué. Dans les deux premiers sets particulièrement, j’ai joué affreusement, a-t-il reconnu. C’est difficile de pointer quelque chose en particulier : je n’ai pas bien servi, pas bien joué en fond de court… Contre un joueur de sa qualité, c’est difficile de s’en sortir dans ces conditions. Au début du match, dans le premier set, après avoir été breaké pour la deuxième fois, je ne jouais pas bien mais j’ai essayé de revenir. Et dans le troisième set, j’ai commencé à jouer un petit peu mieux, mais c’était déjà un peu trop tard».

20 balles de break concédées

Si les chiffres ne disent pas tout et parfois vont même jusqu’à cacher l’essentiel, ils ne mentent pas dans le cas de Zverev : 10 doubles fautes, 20 balles de break concédées, 35% de points gagnés derrière sa seconde… Le natif d’Hambourg (21 ans) a tout fait à l’envers au lendemain du retentissant exploit réussi par un autre jeunot, Stefanos Tsitsipas (20 ans). Le grand échalas grec a sorti Roger Federer au terme d’un match au couteau. Le genre de coups que l’on attend encore de l’Allemand en Grand Chelem, capable du meilleur ailleurs, dépassé en Majeur. Et qui n’avait qu’un regret après la fessée : avoir eu une (trop) courte intersaison. Mais on ne peut pas tout avoir. Gagner et se reposer. «Tout de suite, je ne suis pas content mais je ne suis pas déprimé non plus, a-t-il confié lorsque le sujet de ses difficultés en Grand Chelem ont été remises sur le tapis. C’est un match de tennis, j’ai appris à prendre les matchs de tennis comme des matches de tennis et non comme la fin du monde. Si je pensais que c’était la fin du monde à chaque fois que je perds un match, je serais déprimé quinze à vingt fois par an…» Une manière de voir les choses. Et une forme d’auto-défense qui ne cache pas l’essentiel : le poulain d’Ivan Lendl a du pain sur la planche. Beaucoup