Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu s’est rendu hier dimanche 20 janvier à Ndjamena. Ce déplacement éclair d’une journée fait suite à la visite du président Idriss Déby en Israël au mois de novembre dernier. Il a pour objet de rétablir les relations entre les deux pays, rompues officiellement en 1972. Il représente une nouvelle percée de la diplomatie israélienne en Afrique sous la férule du Premier ministre Netanyahu.
Au cours des deux dernières années, Netanyahu s’est rendu trois fois en Afrique, Kenya, Rwanda, en Éthiopie, Ouganda et Liberia. Sa stratégie est de nouer ou de relancer les contacts politiques et diplomatiques avec les pays du continent qui ont refusé de reconnaitre l’Etat hébreu ou pris leur distance avec lui en raison du conflit israélo-palestinien et la politique d’occupation et de colonisation des territoires palestiniens. A N’Djamena, hier, le Premier ministre israélien a qualifié sa visite d’«historique». «Je suis là pour formellement rétablir nos relations diplomatiques avec le Tchad», a-t-il déclaré au cours d’un point de presse tenu avec le président tchadien Idriss Déby Itno à l’issue de leurs entretiens. Il a affirmé que «le Tchad est un pays très important pour Israël, car le futur de l’Afrique dépend du futur du Sahel». «Ce qui se passe ici influence tout ce qui se passe dans le monde», a-t-il affirmé, en précisant qu’il s’est réjoui d’être accueilli «avec respect» au Tchad, pays à large majorité musulmane, «tout comme nous avions accueilli le président Déby avec respect en Israël» en novembre 2018.
Selon Benjamin Netanyahu, «Israël fait des avancées dans le monde islamique (..) résultat d’efforts considérables ces dernières années», en dépit de «ceux qui essaient de saboter» ces avancées, «sans succès». Il a précisé qu’en deux ans c’était sa quatrième visite sur le continent africain. Le président Déby a tenu à déclarer qu’ «en dépit de cette reprise des relations, le Tchad reste attaché au processus de paix entre Israël et la Palestine». «Je réitère mon appel à l’État d’Israël et à l’État de Palestine à privilégier le dialogue et les négociations en vue d’une paix durable entre les deux parties conformément aux résolutions des Nations unies», a-t-il ajouté.

Accord de défense et de sécurité
Les deux dirigeants et leurs délégations ont signé à N’Djamena plusieurs protocoles d’accord de coopération, en particulier dans le secteur de la défense et de la sécurite, mais aucun détail n’a été divulgué sur son contenu. En novembre, Benjamin Netanyahu et Idriss Déby avaient refusé de dire si leurs discussions incluaient des accords d’armement. Pour faire face à des rébellions dans le nord et l’est du pays, l’armée tchadienne et l’Agence nationale du renseignement se sont équipées de matériels militaires israéliens, selon des sources sécuritaires tchadiennes citées par l’AFP.
Le Tchad est l’un des principaux Etats africains engagés dans la lutte contre les organisations jihadistes Boko Haram et Etat islamique dans la bande sahélo-saharienne et en Afrique de l’Ouest. Il fait partie de la Force multinationale mixte (MNJTF), regroupant également des militaires du Nigeria, Niger, Bénin et du Cameroun, fer de lance des pays de la région contre Boko Haram. Le Tchad appartient également au G5-Sahel qui regroupe à ses côtés la Mauritanie, Mali, Niger et le Burkina Faso pour combattre les groupes armé jihadistes dans la bande sahélo-saharienne. Soutenu par les pays occidentaux dont la France et les Etats-Unis, il a payé et continue à payer un lourd tribut à cette lutte contre les groupes jhadistes armés.