Au moins huit Casques bleus tchadiens ont été tués, dimanche, dans une «attaque terroriste complexe» d’un camp de la mission de l’ONU dans la localité d’Aguelhok dans le nord-est du Mali, a indiqué une source sécuritaire malienne faisait état d’un bilan où «plusieurs terroristes ont été tués».

«Il y a eu tôt ce matin (hier à 6 heures 15 ndlr) une attaque complexe du camp de la Minusma et d’un de ses postes de sécurité par des terroristes», a expliqué cette source. «Les terroristes se sont infiltrés pour mener l’opération», a-t-il ajouté, sans plus de précision, mais en indiquant qu’une «importante opération de sécurisation du secteur» était en cours.
Peu après l’attaque, le représentant du secrétaire général de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, a condamné «l’attaque ignoble et criminelle». «Tôt ce matin, les Casques Bleus de la Minusma à Aguelhok ont repoussé une attaque complexe lancée par des assaillants arrivés à bord de nombreux véhicules armés», a indiqué la mission de l’ONU dans un communiqué. «Les Casques Bleus ont neutralisé nombres d’ennemis et ont poursuivi les assaillants dans leur déroute. Le bilan provisoire fait état de huit Casques bleus tombés sur le théâtre des combats et plusieurs autres blessés. Les blessés ont été évacués dans les hôpitaux de la Minusma», selon le texte. «Cette attaque complexe et lâche illustre la détermination des terroristes à semer le chaos ; elle exige une réponse robuste, immédiate et concertée de toutes les forces pour anéantir le péril du terrorisme au Sahel», a déclaré M. Annadif, cité dans le communiqué. Le représentant d’Antonio Guterres a «fermement condamné cette attaque ignoble et criminelle» et il présente ses condoléances aux familles des disparus, poursuit la Minusma, en soulignant que les attaques contre les Casques bleus pouvaient «constituer un crime de guerre».
M. Annadif a également promis que la Minusma «ne laissera pas impunie cette barbarie». Le commandement de la force de la Minusma a pour sa part félicité les Casques bleus pour leur «action résolue et courageuse», qui a permis de «repousser les assaillants» et de les «pourchasser dans leur fuite», évoquant leur «bravoure» et saluant leur «riposte héroïque».
En avril 2018, des tirs sur le camp de la Minusma à Aguelhok avaient déjà coûté la vie à deux Casques bleus tchadiens et en avaient blessé plusieurs autres. Les djihadistes avaient pris le contrôle du nord du Mali en mars-avril 2012, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Ils ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit actuellement. Cependant, les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires, qui ont fait plus de 500 morts parmi les civils dans le centre du Mali depuis le début de l’année, selon les comptages de l’ONU.

La force du G5 Sahel reprend ses opérations

La force antijihadiste du G5 Sahel est «en train» de reprendre ses opérations, suspendues après l’attentat contre son QG à l’été 2018, a annoncé hier dimanche la ministre française des Armées, Florence Parly. «En ce moment même, après plusieurs mois d’arrêt (…) la force conjointe est en train de reprendre ses opérations», a-t-elle dit, sans autre précision, dans l’émission «Questions politiques» co-animée par la radio France Inter, le journal Le Monde et France Télévisions. Après une lente montée en puissance, la force, constituée par cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) et qui doit atteindre 5 000 hommes à pleine capacité, a connu un coup d’arrêt avec l’attaque de son QG le 29 juin à Sévaré, dans le centre du Mali. Le Mauritanien Hanena Ould Sidi a alors succédé au Malien Didier Dacko à sa tête. Il a depuis fait le tour des unités de la force conjointe et passé en revue les équipements dont elle avait besoin. Les cinq Etats ont relancé parallèlement les appels à la communauté internationale pour que les quelque 420 millions d’euros de dons promis à la force soient versés. la ministre française des Armées a par ailleurs réitéré que la force française Barkhane (4 500 hommes) resterait présente au Sahel «tant que cela sera nécessaire, ce qui ne veut pas dire que nous avons vocation à être éternels».