La convocation du corps électoral semble avoir eu l’effet escompté avec les déclarations d’un certain nombre de candidats et de partis sur leurs intentions. Un semblant d’emballement est perceptible désormais sur la scène politique nationale, une tendance qui ira en s’accentuant au fur et à mesure qu’on s’approche du grand rendez-vous électoral. Les candidatures pour la présidentielle d’avril prochain commencent à se déclarer, certaines plus promptement que prévu. L’élection présidentielle semble imprimer un ton particulier détonnant avec l’atmosphère d’avant la confirmation du scrutin. Des candidats, des intentions et des positions à demi-mot, la perspective présidentielle semble avoir impulsé un effet intéressant à l’intérieur d’une scène politique qui s’était irrémédiablement installée dans une apathie particulièrement inquiétante. Une indolence accentuée par une dégradation de la qualité de l’offre liée probablement à la baisse du niveau du personnel politique en exercice. Au vu des premières réactions, il est notable que les partis de l’opposition semblent les plus emballés par cette élection au poste suprême. Un paradoxe lorsque l’on sait que durant les mois précédant la convocation du corps électoral, l’opposition n’a cessé de mettre en garde contre les risques de cette échéance et les incertitudes y afférentes. Certains avaient même commencé à plaider pour son report pur et simple. Quant aux partis proches du pouvoir, il y a un invariable soutien à la candidature de Abdelaziz Bouteflika qui ne s’est pas encore prononcé. La candidature ou pas du président sortant sera à n’en plus douter la grande inconnue des prochains jours où l’emballement se fera plus intense. Parmi ceux qui affichent vouloir légitimement être élu président de la République il y ceux qui ne se limitent point à cette échéance. Comme utiliser cette élection présidentielle comme une tribune politique de luxe pour s’imposer comme une personnalité populaire. Il est vrai qu’un certain nombre de candidatures « sérieuses » s’inscrivent déjà dans l’après-présidentielle où une bataille, plutôt virtuelle, est en cours.