La phase qui précède la campagne électorale pour la présidentielle d’avril 2019 connaît visiblement une animation que personne n’attendait en pareil contexte politique.

 

Il n’a pas fallu plus de 48 heures après la convocation du corps électoral pour voir une multitude de candidatures se lancer dans la bataille présidentielle. Ce qui augure manifestement d’une campagne électorale avant l’heure et vraisemblablement d’un processus animé. C’est d’autant plus prévisible que les candidatures et autres intentions de candidatures tendent à se manifester sitôt le corps électoral convoqué pour l’élection présidentielle prévue le 18 avril prochain. La scène politique a ainsi viré d’une morosité ambiante sur fond de confusion totale quant à la tenue ou pas du scrutin présidentiel vers une animation accélérée qui peut manifestement constituer un prélude à une joute effervescente. S’il est prématuré d’examiner ce que seront les forces en présence à ce rendez-vous, nul doute que le profil des candidatures à la candidature enregistrées jusque-là annonce d’ores et déjà une consultation animée et riche en enseignements. Après donc l’ancien général-major, Ali Ghediri, qui s’est lancé dans la bataille de la présidentielle, c’est au tour de l’ancien chef du gouvernement, Ali Benflis, de faire part de son intention de briguer la magistrature suprême. Le chef de la formation Talaie El Hourriyet, qui avait été de la compétition à deux reprises (2004 et 2014) a annoncé, trois jours après la convocation du corps électoral, qu’il va, lui aussi, constituer son dossier de candidature. Même s’il dit attendre la caution des structures du parti pour valider sa candidature, il ne fait point de doute que Benflis sera de la partie. Avant lui, le chef du MSP, Abderrezak Makri, manifestement partant pour le scrutin présidentiel, invitait ses militants à se tenir prêts pour le rendez-vous avant même que soit validée sa candidature par le Conseil consultatif du parti. Contrairement à Benflis, qui part à la conquête du palais d’El Mouradia, pour la troisième fois, pour Makri, ce sera une première s’il arrive, bien entendu, à faire valider sa candidature par son parti. On l’aura ainsi compris que l’ambition – légitime – est bien là, irrésistible, chez les deux chefs de parti. Au final, les candidatures de Ghediri, Benflis et Makri donnent un coup d’accélérateur pour un processus électoral qui n’est qu’à son point de départ.