La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune a réuni, hier à Alger, les cadres de la wilaya du Centre. A cette occasion, elle a annoncé que la position du PT par rapport à l’élection présidentielle sera abordée lors de la réunion du Bureau politique (BP) prévue la semaine prochaine.
Toutefois, elle a estimé qu’un débat en interne autour de la présidentielle s’est enclenché chez les membres du comité central de son parti où il est question de plusieurs options. « Il y a ceux qui souhaitent qu’on prenne part à la présidentielle et ceux qui sont contre. Il faut donc qu’on élargisse le débat et qu’on écoute les uns et les autres pour voir quelle option sera arrêtée par les militants », a-t-elle expliqué à la presse. A la question de savoir si elle sera candidate ou non pour le rendez-vous d’avril prochain, là aussi, elle a estimé que la question sera tranchée par les instances du parti sous peu. Dans ce cadre, et à l’issue de la convocation officielle au corps électoral, Louizsa Hanoun s’est interrogée sur l’option d’un cinquième mandat présidentiel. « Si le président de la République est candidat à un 5e mandat, cela signifie que son objectif est le maintien du statu quo, alors que nous, au Parti des travailleurs, nous luttons justement contre le statu quo et pour la rupture avec le système en place », a-t-elle lancé. Avant d’enchaîner : «Dans le cas où le Président n’est pas candidat à la présidentielle, cela signifie qu’il n’aura plus la prérogative de prendre des décisions pour répondre à notre revendication de la convocation d’une assemblée constituante. » « Par conséquent, nous devons adapter notre pétition pour la tenue d’une assemblée constituante à la situation pour relancer la campagne en s’adressant directement à la population ». Aussi, et tout en expliquant que « la présidentielle, en tant que telle, même si elle se tient dans de meilleures conditions, elle ne saurait résoudre la question du pouvoir, c’est-à-dire la nature du système à mettre en place », Louisa Hanoune a estimé qu’« un candidat à la présidentielle peut porter dans son programme électoral la question d’une assemblée constituante » comme option de sortie de crise. Dans ce cadre, Mme Hanoune émet le souhait « de voir l’élection présidentielle du 18 avril prochain déboucher sur un renouveau politique et une transformation démocratique véritable », lance-t-elle avant de préciser que « nous militons pour des institutions inattaquables et pour la consécration de la souveraineté nationale ».
Plaidant pour la tenue de l’élection «dans la transparence et dans des conditions qui permettent d’aller vers un renouveau politique, permettant le respect de la souveraineté nationale», la conférencière a appelé à la «nécessaire révision de la loi électorale et l’interdiction de l’intrusion de l’argent dans le processus électoral». «C’est la seule manière de consacrer l’égalité des chances entre les candidats et d’éviter que s’entremêle argent et politique ». Dans le même ordre d’idées, la secrétaire générale a défendu bec et ongles l’option de la création d’une instance « réellement indépendante pour la surveillance de l’élection et que le fichier électoral soit public et accessible sur le site du ministère de l’Intérieur». Aussi, et tout en appelant l’administration à «ne pas s’immiscer dans l’opération électorale et que les magistrats doivent exercer leur mission loin de toute pression », la patronne du PT a appelé à ce que les corps constitués votent librement en leur âme et conscience.