L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prévenu, hier vendredi, que le rééquilibrage du marché du pétrole risquait de s’apparenter à un «marathon», alors que les efforts de l’Arabie saoudite pour réduire sa production n’ont pas été suivis par la Russie.

Elle estime toujours que la croissance de la demande mondiale de brut atteindra  1,4 million de barils par jour (mbj) cette année après  1,3 mbj en 2018. La demande devrait ainsi s’établir à  100,7 mbj en 2019.
«L’impact des prix plus élevés du pétrole en 2018 s’estompe, ce qui aidera à compenser la croissance économique plus faible», note l’Agence.
La baisse des cours est en effet susceptible de soutenir la demande. L’AIE table sur un baril de Brent à 61 dollars en moyenne cette année, après 71 dollars en 2018, soit une baisse de 14%.
Les cours de l’or noir avaient dégringolé fin 2018 pour atteindre leur plus bas niveau en un an et demi, à 49,93 dollars pour le Brent et à 42,36 dollars pour le WTI. Ils sont depuis remontés au-dessus des 60 dollars le baril de Brent.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont la Russie, avaient annoncé fin décembre qu’ils réduiraient leur production afin de soutenir les cours.
«Des producteurs de premier plan ont réitéré leur promesse de réduire leur production et les données montrent que les paroles ont été suivies par des actes», souligne l’AIE, faisant notamment référence à l’Arabie saoudite.
«Toutefois le chemin vers un marché équilibré prendra du temps et devrait plutôt s’apparenter à un marathon qu’à un sprint», juge l’AIE.
Elle souligne ainsi notamment que si l’engagement de l’Arabie saoudite à réduire sa production ne fait guère de doute, la détermination de la Russie est moins évidente.
«Les données montrent que la Russie a augmenté sa production en décembre à des nouveaux records, proche de 11,5 mbj, et le calendrier et l’ampleur de la baisse de sa production est incertain», remarque l’agence, qui conseille des pays développés de l’OCDE sur leur politique énergétique.
Toujours du côté de l’offre, elle souligne que les exportations iraniennes ont légèrement augmenté en décembre sur fond de sanctions américaines moins strictes que prévu, tandis que l’effondrement de l’industrie pétrolière vénézuélienne s’est ralenti au deuxième semestre. La production des États-Unis sera aussi un facteur déterminant en 2019.
(AFP