Les Nations unies ont salué hier vendredi la décision de l’Ethiopie d’accorder aux quelque 900 000 personnes réfugiées sur son territoire la possibilité de travailler, de bénéficier de l’enseignement scolaire et d’avoir des comptes en banque.

Le Parlement éthiopien a approuvé jeudi une loi réglementant la vie des réfugiés qualifiée par le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) de «l’une des plus progressives d’Afrique». «L’adoption de cette loi historique constitue une étape importante dans la longue histoire d’accueil des réfugiés de toute la région depuis des décennies», a déclaré le Haut-Commissaire aux réfugiés Filippo Grandi dans un communiqué.
L’Ethiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, accueille au total 905 000 réfugiés venus de pays en proie à des guerres ou troubles (Soudan du Sud, Somalie), ou bien fuyant des Etats autoritaires (Soudan, Erythrée). «Alors que certains pays occidentaux ont adopté des politiques xénophobes en refusant les réfugiés, nous sommes heureux que l’Ethiopie ait adopté cette loi», a commenté Stine Paus, directeur en Ethiopie du Conseil norvégien pour les réfugiés.
Les Etats européens ont depuis ces dernières années du mal à s’accorder sur le sort à réserver aux nombreux immigrés fuyant notamment l’Afrique et les conditions d’accueil ont été durcies. Et aux Etats-Unis, le président Donald Trump souhaite la construction d’un mur face à l’afflux de migrants à la frontière mexicaine. L’adoption de cette loi entre dans le cadre d’un plan plus large pour stimuler l’économie éthiopienne qui, en dépit d’une croissance rapide, doit faire face à l’un des plus forts taux de pauvreté du continent. Cela «vise à créer des emplois et des opportunités économiques pour les Ethiopiens et les réfugiés vivant en Ethiopie», a commenté sur son compte twitter le chef de la commission des investissements Abebe Abebayehu.
L’Ethiopie a, elle-même, dû gérer ses propres déplacements de populations au cours des derniers mois, en raison d’affrontements ethniques. n