Le premier Séminaire international autour de l’architecture amazighe a été clôturé, mercredi passé à Tlemcen, après deux journées de conférences et d’intenses débats autour de la problématique de la préservation et de la valorisation de ce patrimoine architecturale séculaire, ainsi que de son enseignement

Organisé par le Haut-commissariat à l’amazighité, en collaboration avec l’Association nationale des enseignants architectes universitaires, sous le haut patronage de son excellence le Président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, le séminaire s’est ouvert, le 15 janvier dernier, au Palais de la culture Abdelkrim-Dali de Tlemcen dans le cadre des festivités officielles et nationales de Yennayer 2969, sous le slogan « Racines, diversité et unité ». La clôture de cet événement a été marqué par une série de recommandations dont notamment la nécessité d’œuvrer à la création d’une unité spécialisée de recherche en patrimoine architectural et urbain amazigh dans toute sa diversité, au niveau national, avant de l’étendre à l’échelle maghrébine. Ceci dans l’optique de réaliser un glossaire des concepts communs dans la spécialité et la concrétisation du projet d’un atlas maghrébin de tous les sites urbains portant des empreintes locales. Les participants ont également préconisé dans leurs recommandations, l’introduction d’un module sur l’architecture amazighe dans les programmes de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, ainsi que l’introduction du patrimoine urbanistique dans les manuels scolaires. La première journée du séminaire à quant à elle été marquée lors de la journée du 15 janvier dernier, par les différentes interventions d’architectes, de conservateurs de musées, d’enseignants chercheurs, doctorants et de maîtres de conférences qui ont abordé tour à tour et sous différents angles l’architecture amazigh. A cet occasion, il a surtout été évoqué les différents problèmes et soucis que rencontrent un grand nombre de sites en souffrance en Algérie, car ni classés, ni protégés. Ainsi, la situation des sites archéologiques, architecturaux, inscriptions libyques, dessins rupestres est beaucoup moins reluisante de l’avis des présents. La situation la plus inquiétante et alarmante reste celle du mausolée d’Imedghassen, qui après d’années d’attentes de promesses de restauration et de prise en charge est toujours en souffrance.
Le mausolée d’Imedghassen, un site en souffrance
L’état du lieu exposé par le président de l’Association des amis d’Imedghassen exprime une forte inquiétude, quant au devenir de ce monument considéré comme le plus ancien en Afrique, sachant qu’officiellement les travaux lancés pour sa protection sont abandonnés par la tutelle. Pour ne pas faire uniquement dans le constat amer et alarmiste, certaines interventions ont présenté des études sérieuses sur une volonté de prise en charge de ce legs ancestral, à l’exemple de l’intervention consacrée aux monuments sacrés et à l’infographie monétaire numide et mauritanienne présentée par la conservatrice en chef du musée national Cirta de Constantine, Amel Soltani, ou encore l’intervention du docteur Sarah Ferdi, directrice de recherche au CNRA, dont le thème a abordé le décor architectural numido-punique des stèles d’El Hofra. Le patrimoine urbain et architectural du M’zab, une conférence présentée par l’architecte Hocine Nemmour, est venu également comme «une lueur d’espoir», selon les séminaristes. Ainsi, l’esprit d’entraide au sein de la population du M’zab laisse entrevoir un espoir de voir un jour que l’ensemble du legs et patrimoine architectural à travers le pays puissent connaitre la même prise de conscience de la part des citoyens pour la protection et la sauvegarde de ce patrimoine architectural. A la clôture de cette journée, les recommandations sont venues comme pour renforcer les appels, et quelquefois même des SOS des différents intervenants quant à la situation de notre patrimoine architectural. La dimension nord-africaine de l’architecture amazighe a également été évoquée avec la présence de conférenciers venus de Tunisie et du Maroc. Les conférencières tunisiennes, en l’occurrence, la doctorante Asma Guedria et l’enseignante chercheuse Fakhar Kharat, ont fait découvrir le patrimoine architectural amazigh en Tunisie. Dans le même esprit, l’architecture amazigh au Maroc a été abordée par la doctorante Bachir Cherif Tinhinane et le doctorant Mohamed Metaloui. Il en ressort de ces différentes interventions que l’architecture amazighe au Maroc, semble être mieux préservée et sauvegardées chez nos voisins, aussi bien en Tunisie qu’au Maroc. Certains sites sont devenus de véritables références en tant que pôle économiques, notamment pour l’industrie cinématographique international, à l’exemple du tournage de certaines scènes et séquences de films et des plus connus, à l’exemple de la célèbre saga «Star Wars » réalisé par George Lucas. Lors de la clôture de ce séminaire dans la listes des recommandations, les spécialiste ont mis en exergue l’importance de l’élaboration d’un plan commun avec les départements ministériels concernés, portant valorisation et restauration des espaces urbains anciens désertés, dans l’optique de les exploiter, dans un premier temps, comme pôles touristiques et la mise en place d’un programme d’une année consacrée au patrimoine amazigh à concrétiser à court terme. Pour une action concrète, les organisateurs ont d’ores et déjà annoncé qu’une deuxième édition du séminaire, consacrée à l’architecture amazigh, se tiendra dans la wilaya de Nâama avant la fin de l’année en cours.n