Le taux de 40% d’intégration est «impossible » à atteindre par les usines d’assemblage automobile activant actuellement en Algérie, a estimé hier le président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (Acam), Youcef Nebbache. «Le taux d’intégration de 40% annoncé par le ministère de l’Industrie est impossible à atteindre», a affirmé M. Nebbache.

Une sortie qui a tout d’une mise au point au Secrétaire général du ministère de l’Industrie et des Mines, Kheireddine Medjoubi, qui s’était exprimé la semaine dernière sur la hausse vertigineuse de la facture d’importation des collections CKD destinées à l’industrie de montage des véhicules de tourisme, en estimant que pareille situation « ne sera que temporaire » et que cette facture sera réduite par l’augmentation du taux d’intégration qui attendra, a-t-il estimé, les 40% dans les deux ou les trois prochaines années. Sauf que M. Nebbache n’a pas manqué de s’interroger sur le chemin à suivre pour nantir nos usines d’assemblage automobile de pareil niveau d’intégration. «Comment voulez-vous atteindre un tel taux alors que nous ne produisons quasiment rien », a-t-il alors martelé.
A propos de l’élaboration du cahier des charges n° 01, visant à réglementer le secteur de l’automobile, le représentant des importateurs multimarques qui, faut-il le préciser, n’exercent plus leur métier depuis l’interdiction des importations, dira que les prescriptions contenues dans ce document « sont des entraves flagrantes au développement du secteur de l’automobile et ont créé un grand problème ».
Il précisera, à ce titre qu’« il est inconcevable que les prescriptions du cahier des charges exigent l’installation de 4 airbags pour le véhicule, alors que les pays développés n’exigent qu’un seul airbag. Ces exigences, poursuit l’orateur, ont bloqué 40 dossiers de candidatures au montage automobile». Reste à savoir néanmoins à quels pays développés fait référence l’invité d’El Wassat, alors que depuis des années, les 4 airbags font partie du minimum que peut compter la liste des équipements de sécurité exigés.
« La tutelle cherche à s’encombrer de tâches administratives alors qu’elle aurait pu profiter de certaines occasions qui auraient été plus rentables pour l’économie nationale », a estimé M. Nebbache. Il citera, sur ce registre, le « ratage de l’Algérie de s’accaparer de Volvo en 2012 », alors qu’à l’époque, le constructeur suédois se trouvait en difficultés et a été repris par le groupe chinois Geely.
« Nous avons raté une belle occasion qui nous aurait permis de développer le secteur automobile en Algérie, alors que le prix de rachat était dérisoire », a-t-il regretté. En outre, Youcef Nebache a plaidé pour l’installation d’un contrôle technique vigoureux au niveau de chaque usine d’assemblage.
« L’incompétence de la main-d’œuvre nous exige de procéder à un contrôle technique systématique au niveau de chaque usine d’assemblage », a-t-il conclu.n