La Fédération nationale des éleveurs a plaidé, hier à Alger, pour une campagne de vaccination à l’échelle maghrébine, afin de réduire la propagation de la fièvre aphteuse et la peste des petits ruminants qui frappe de plein fouet le cheptel algérien depuis deux mois, estimant que les pertes sont plus importantes que les informations qui font état de 2 000 têtes.

Cette annonce a été faite par le secrétaire général de la Fédération, Mezroua
Belkacem, lors du Forum du Courrier d’Algérie, qui s’est tenu pour débattre du sujet sous différents angles de la fièvre aphteuse et la peste des petits ruminants (PPR), maladies qui frappent le cheptel algérien depuis deux mois. «Le nombre de têtes de bétail affectées par la fièvre aphteuse et la peste des petits ruminants est plus important que les informations faisant état de seulement 2 000 têtes», a-t-il souligné, recommandant de procéder à «une campagne de vaccination à l’échelle maghrébine».
Tout en n’accordant point de crédit aux chiffres communiqués jusque-là sur ces pathologies, le conférencier a estimé que les vaccins «ne seront prêts que vers la fin du mois de mars prochain».
L’orateur a noté à cet effet que des statistiques fiables restent impossibles en raison de l’immensité du territoire national. «Nous ne pouvons pas avoir de statistiques exactes concernant les deux maladies qui frappent de plein fouet notre ressource animalière», a-t-il expliqué, faisant état également de la présence de certaines catégories de chèvres introduites par les contrebandiers en Algérie.
«Les chèvres importées de Syrie, et qui entrent en Algérie en traversant l’Egypte et la Libye, sont susceptibles de porter ces deux virus», a-t-il averti. «Jusqu’à présent, ni les éleveurs ni les vétérinaires ne sont familiers avec ces deux maladies», a-t-il soutenu, évoquant au passage une guerre bactériologique qui menace directement ou indirectement le cheptel algérien. Selon lui, ces maladies vont, inévitablement, nuire à la filière du lait qui était sur le point d’atteindre le stade de l’autosuffisance. A noter, par ailleurs, que sur les 400 000 éleveurs inscrits aux Chambres agricoles de wilayas,
16 000 seulement sont adhérents à la Fédération nationale des éleveurs. D’où la nécessité de les informer sur les risques encourus et de mener des campagnes de sensibilisation afin de mettre un terme à la propagation de la fièvre aphteuse et de la peste des petits ruminants.
«Par crainte de ne pas être indemnisés, le silence de certains éleveurs face aux maladies qui menacent 28 millions de moutons n’a fait qu’aggraver la situation en laissant libre cours à la propagation rapide des deux maladies», a-t-il déploré.