Les commerçants des Voûtes d’Alger, au nombre de 380, ont appelé encore une fois le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, à intervenir pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme des «dépassements» de la Régie foncière de la ville d’Alger (Rfva) qui a procédé à la fermeture de certains de leurs locaux.

Depuis quelques années, c’est le bras de fer entre les commerçants des Voûtes et la Régie foncière de la ville d’Alger, qui a procédé à la fermeture de certains locaux. Cependant, les commerçants qui occupent ces fameuses Voûtes font de la résistance et ne veulent pas se laisser faire.
En effet, ils sont contre toute tentative de mettre dehors sans motif valable les premiers occupants des lieux pour les octroyer à des personnes étrangères. Ils demandent l’intervention
du wali d’Alger contre les dépassements de cet établissement public (sous tutelle de la wilaya d’Alger), notamment en ce qui concerne la fermeture abusive des Voûtes sans ordonnance judiciaire.
Ces fameuses voûtes, qui sont un patrimoine architectural unique en Algérie, ont été construites entre 1860 et 1866. Elles supportaient deux principaux boulevards d’Alger et étaient considérées comme le poumon commercial de l’Algérie, approvisionnant tout le territoire national en matière de marchandises. Mais, depuis quelque temps, une quarantaine de locaux ont été déjà fermés par les autorités et devaient abriter des start-up dans le cadre du projet «Alger Smart ville», dont l’inauguration était prévue au début de l’année 2018, mais cela n’a pas été le cas. Rappelons qu’au temps du gouvernorat d’Alger, ces lieux devaient être transformés en galeries et espaces d’exposition d’objets d’artisanat. Mais, le projet n’a jamais vu le jour. Il a été également question de les transformer en musée. Par ailleurs, jusqu’en 2008, les Voûtes d’Alger étaient sous la coupe de l’Entreprise portuaire d’Alger, mais depuis cette date, la gestion de ces magasins, de vente d’électroménager, de produits cosmétiques ou des commerces de poissons, situés juste en face de la Pêcherie, est revenue à la wilaya d’Alger.
Le porte-parole des commerçants, Benaoudia Bouziad, a précisé, lors d’une conférence de presse le mois dernier, que seules les voûtes d’Alger sont restées régies, après la libéralisation de l’économie, par un statut particulier «qui n’a pas sa raison d’être». Selon lui, les autorités de la wilaya se devaient alors d’établir un contrat de location en bonne et due forme, conforme au Code du commerce. «Malheureusement, malgré nos doléances et malgré la loi, le Code de commerce et le Code de procédure civile, la Régie n’a pas donné suite à nos demandes», regrette-t-il.
Les commerçants des voûtes ont dénoncé aussi les augmentations des tarifs de location imposées de manière unilatérale par la wilaya d’Alger. Une multiplication par plus de trois de l’ancienne tarification «qui ne répond à aucune logique commerciale», selon les commerçants, qui se disent déjà pénalisés par les travaux interminables entrepris dans la zone et par l’installation d’un parking public entravant le commerce. Ils expliquent dans les détails qu’au lieu de payer 55 DA fixés par m2 comme le prévoient les dispositions de la loi de finances 1999 pour un seul trimestre, «la wilaya d’Alger nous a imposé une tarification de 190 DA le m2 par mois». Cette augmentation ne repose sur aucun texte réglementaire car les redevances d’occupation du domaine public doivent être calculées sur la base d’un tarif fixé par arrêté ou décret officiel publié au Journal Officiel. En précisant que depuis 1999, aucune loi de finances n’a changé ou modifié les prix des loyers des voûtes d’Alger.