Qualifiant de «prometteur» et «durable» l’avenir énergétique de l’Algérie, le ministre de l’Energie Mustapha Guitouni relève que «le seul problème est que Sonatrach ne peut pas travailler seule, il faut des moyens financiers et technologiques pour arriver à exploiter toutes ces potentialités».

Joint au téléphone pour davantage d’éclaircissements, l’expert Abdelmadjid Attar indique que «si, en théorie, les réserves en énergies conventionnelles s’avèrent importantes, le problème est que plus de 50% de la production  sont destiné à la rente».
Un mal nécessaire ? «L’Algérie aura besoin de la rente jusqu’en 2030 et peut-être au-delà, et ce, pour équilibrer les besoins», explique l’ancien P-DG de Sonatrach, mettant également en relief la nécessité de maintenir les niveaux de production énergétique. Emboîtant le pas au ministre, il indique que Sonatrach ne peut faire cavalier seul, tout en mettant l’accent sur la nécessité de nouer des partenariats.
Dans cette optique, M. Attar précise que la nouvelle loi sur les hydrocarbures devra apporter les éclairages nécessaires.
«Ainsi, pour plus d’attractivité, l’Etat a décidé de revoir le texte en vigueur, et ce, en introduisant beaucoup de souplesse à l’effet d’attirer davantage d’investisseurs étrangers», avait indiqué le ministre à l’issue de
l’inauguration du nouveau siège de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft).
D’autre part, M. Attar indique qu’au rythme actuel de la consommation énergétique, à titre d’exemple, l’Algérie ne pourra à partir de 2030 exporter son gaz naturel et «sera contrainte à prioriser la consommation nationale sur l’export».

Mais que faire pour éviter ce scénario ? «Il faut approvisionner le pays en gaz naturel et aller vers des hydrocarbures non conventionnelles comme le gaz de schiste et les énergies renouvelables», préconise M. Attar. Et d’ajouter : «Mais le programme des ENR enregistre un retard considérable, d’où la nécessité, pour le gouvernement, d’aller vers une vitesse supérieure».
Réitérant sa conviction que le secteur énergétique algérien souffre d’un «problème d’arbitrage» entre l’exportation et une consommation qui ne cesse d’aller crescendo, l’ancien premier responsable de Sonatrach se dit convaincu qu’un bon équilibre imposera de «nouvelles découvertes» et une «modification profonde» de la politique énergétique, notamment en matière de consommation. Dans le cas contraire, prévient l’ancien P-DG, les exportations algériennes en énergie se réduiront comme peau de chagrin à compter de 2035. Pour éviter toute mauvaise surprise, M. Attar préconise d’aller vers une «économie énergétique qui peut ramener la consommation nationale à la baisse de façon plus économique que l’investissement en énergies renouvelables».
Elargir l’interconnexion pour mieux vendre l’excédent électrique
A ce sujet, le ministre de l’Energie a souligné que «l’Algérie dispose actuellement de 22 000 mégawatts de l’énergie solaire, dont 400 mégawatts sont déjà exploitées, grâce au programme du président de la République que nous avions lancé et dont la maintenance et l’entretien des équipements sont assurés par des ingénieurs algériens». Le même responsable a ajouté avoir lancé un cahier des charges pour un projet de production de 200 autres mégawat d’énergie solaire, dont 150 seront réalisés par la commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg). Les 50 restants sont confiés au groupe Sonelgaz.
Quant au schiste, M. Attar avait souligné que l’Algérie dispose de 22 000 milliards de m3 de gaz et 6 milliards de m3 de pétrole «techniquement récupérables».
En dépit de leur importance, ces chiffres ne constituent pas, à eux seuls, une garantie pour se diriger tout droit vers le gaz de schiste. Commentant par ailleurs les déclarations du ministre, selon lesquelles «l’Algérie va aller vers la Bourse pour vendre son excédent d’électricité vers la Tunisie et le Maroc», M. Attar dira que «c’est une bonne chose qui, tout de même nécessitera un élargissement de l’interconnexion pour atteindre des pays d’Europe».