La ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda Imane Feraoun, a indiqué hier que le secteur va investir 184 milliards de dinars en 2019. Elle a exclu, par la même occasion, toute ouverture au capital externe.

S’exprimant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, Houda Imane Feraoun a annoncé que son département va investir 184 milliards de dinars cette année. Un total de 294 milliards de dinars a été investi, ces quatre dernières années, en équipements au niveau de toutes les filiales du groupe Algérie Télécom (Algérie Télécom, Mobilis et Algérie Télécom Satellite). Affirmant que l’objectif de ces investissements, effectués sur fonds propres, vise à satisfaire la demande en bande passante de plus en plus croissante. Elle a précisé, en outre que 540 000 unités de cuivre ont été perdues. Les Orval et Arval sont biens prêts et n’attendent que l’aval du côté espagnol pour leur mise en service. S’agissant de l’ouverture du capital des entreprises de son département, Houda Feraoun a rejeté cette démarche, affirmant leur bonne santé financière. «A l’heure actuelle, l’ouverture de mon département au capital externe est catégoriquement exclue» a-t-elle argué, ajoutant qu’il s’agit d’une «affaire de souveraineté nationale». Interrogée sur la numérisation en Algérie, l’invitée de la Chaîne III a indiqué que c’est une tâche difficile. «Passer à la numérisation est compliqué car les choses se font lentement», a-t-elle déploré. Avec 40 millions d’habitants, les bases de données des administrations sont, en effet, énormes et certaines d’entre elles n’utilisent même pas l’outil informatique. «C’est difficile d’aller vers la numérisation car on marche à deux, voire même à trois vitesses», a-t-elle ajouté. Evoquant les administrations ayant déjà opté pour la numérisation, la première responsable du secteur a fait savoir que certaines d’entre elles utilisent des applications et des systèmes non compatibles, soulignant la nécessite de l’apport de nouveaux services. «Etant donné que la technologie évolue vite et que nous ne sommes pas un pays qui innove en la matière, nous craignons de nous retrouver face au mur avec une pléthore de systèmes qui ne fonctionnent pas ensemble», a-t-elle averti. Interrogée sur l’installation de la commission de lutte contre la bureaucratie et la corruption au niveau du Premier ministère, l’intervenante a affirmé que c’est une priorité majeure qui doit s’inscrire dans la durée. «L’installation de cette commission est un signe fort de la volonté politique, mais le but souhaité est d’arriver à la coordination collective et simultanée de toutes les administrations», a-t-elle précisé.
Dans cette optique, l’oratrice a évoqué un volet qui est une condition sine qua non pour la réussite de cette démarche, à savoir «la formation des employés qui se trouvent derrière les guichets, qui demeure un souci majeur et nous devons mettre le paquet». S’agissant du volet technique, l’invitée de la Chaîne III a fait savoir que son département a mis en place un référentiel national d’interopérabilité qui sera ensuite imposable à toutes les administrations publiques, souhaitant l’implication du secteur privé. Concernant le secteur de la santé, la ministre a indiqué que d’ici une année tous les hôpitaux seront dotés de la connectivité satellitaire grâce au lancement en décembre dernier d’Alcomsat 1.
«Avec le lancement de Alcomsat 1 cela va nous permettre de résoudre le problème de la télémédecine», s’est-elle réjouie. Abordant la possibilité de la mise en œuvre d’une carte commune entre les banques et la poste, Houda Feraoun a annoncé que la poste devance les banques concernant les normes de sécurité et que ces dernières sont appelées à se rattraper. «Avec l’effort des banques à offrir une sécurité optimale à leurs clients, la carte unique banque-poste ne va pas tarder à voir le jour cette année», a-t-elle indiqué.<