Les efforts de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole visant à faire sortir le marché pétrolier de sa déprime et à remettre les prix sur la voie de la stabilité semblent porter leurs fruits

La décision prise par l’Opep de limiter sa production pour juguler la surabondance de l’offre ayant provoqué une forte chute de la valeur de l’or noir se traduit ces derniers jours par une reprise qui s’est encore accentuée hier, portant les cours au-delà des 60 dollars, à des niveaux qui ne s’étaient plus affichés sur le marché depuis plus de trois semaines.
Ainsi le baril de Brent valait 60,24 dollars en après-midi sur le marché londonien, en hausse de plus de 20% sur les deux dernières semaines. Autrement dit, ce type de brut a (re) gagné plus de 10 dollars en quelques jours par rapport aux 49,93 dollars atteint fin décembre, soit son plus bas niveau en un an.
La référence américaine, le WTI, a pour sa part passé le cap des 50 dollars le baril en cours d’échanges asiatiques, nettement au dessus
des 42,36 dollars atteints
il ya quelques jours.
Concernant le prix du panier de l’Opep, dont le Sahara Blend (Algérie), il s’est établi mardi à 56,11 dollars le baril, contre 56,43 dollars la veille, a indiqué mercredi l’organisation dans un communiqué publié sur son site web. Un prix qui a certainement progressé hier, dans le respect de la tendance du marché.
Outre le passage à l’acte des pays de l’Opep, qui ont commencé à limiter leurs extractions en décembre dernier, le marché pétrolier se trouve actuellement soutenu par la réaction de l’Arabie saoudite de réduire ses exportations de brut à environ 7,1 millions de barils par jour d’ici la fin janvier, selon un article publié par le Wall Street Journal.
Ryad, en sa qualité de chef de file de l’organisation et géant de la production mondiale de pétrole, affiche donc des signes de défiance à l’égard des Etats-Unis dont le président Donald Trump n’a jamais hésité à faire pression sur l’Opep en vue d’obtenir des prix à sa guise.
Par ailleurs, les perspectives d’une année 2019 négative en matière de croissance mondiale sont en train de s’estomper ces derniers jours, au rythme des négociations entamées lundi entre la Chine et les États-Unis, permettant un apaisement des tensions commerciales qui menaçaient cette même croissance. « Les négociations ont été prolongées d’un jour, ce qui nourrit l’espoir qu’un accord final sera trouvé », a commenté Stephen Brennock, analyste de PVM. Lequel accord permettrait à l’industrie mondiale de carburer à plein régime, et donc demander plus de pétrole.