Selon la Banque mondiale, la croissance algérienne devrait décélérer en 2019. Le Produit intérieur brut de l’Algérie n’évoluera que de 2,3% cette année, contre une progression de 2,5% en 2018. Dans le panier des ingrédients qui devraient saper la croissance du PIB cette année figure la baisse des dépenses publiques, celles injectées dans l’équipement et l’investissement essentiellement.

« L’Algérie devrait décélérer à 2,3% du fait de la diminution progressive des dépenses publiques, qui avaient connu une augmentation considérable l’année dernière », précise l’institution de Bretton Woods dans la note consacrée aux perspectives économiques de la région Mena, accompagnant ce rapport. Par rapport aux précédentes prévisions de juin 2018, la croissance de l’Algérie gagnerait 0,3%, puisque les précédentes projections de la Banque mondiale tablaient plutôt sur un PIB en hausse de 2% durant 2019.
L’institution de Bretton Woods se montre ainsi assez pessimiste pour 2019 après les délibérations du gouvernement sur ses arbitrages budgétaires pour 2019, lesquels sont contenus dans la loi de finances 2019. La loi budgétaire de cette année a prévu une contraction nette des dépenses injectées dans l’équipement et l’investissement après une année 2018 marquée par une hausse de 100% des mêmes dépenses.
L’année 2018, elle, a rompu avec deux années d’austérité qui se sont soldées par une baisse de 16% du budget d’équipement en 2016 et de 28% en 2017. A l’origine de recul de la croissance prévue pour 2019 figure donc la baisse progressive des dépenses publiques, explique la BM. Mais elle ne saurait expliquer à elle seule le ralentissement de la croissance du PIB algérien, d’après les experts de la Banque mondiale qui soulignent que cette décélération est anticipée dans le sillage « de l’assombrissement des perspectives économiques mondiales ». L’année 2019 connaîtra une stagnation de la reprise dans les pays exportateurs de produits de base qui s’observera en même temps que le ralentissement de l’activité dans les pays importateurs de ce type de marchandises, précise la Banque mondiale.
La croissance affichera une baisse constante sur 2019-2020-2021, puisque les prévisions pour l’année prochaine tablent sur une croissance de seulement 1,8%, contre une prévision de 2,3 en 2019. Pour 2020, la croissance algérienne devrait grappiller 0,5% puisque les projections de juin dernier pour la même année étaient de 1,3%.
Ce taux sera également maintenu en 2021, soulignent les prévisionnistes de la Banque mondiale. Même si le PIB algérien évolue au-dessus de la moyenne régionale en 2019, cette faible croissance serait insuffisante pour faire face au défi de l’emploi qui, de l’avis même des deux institutions de Bretton Woods, se posera avec acuité dans les prochaines années.
Une croissance insuffisante pour faire face au défi de l’emploi
Le gouvernement est plus que jamais mis en demeure quant à un modèle de croissance à bout de souffle. « En Algérie, la croissance devrait rester stable, à plus de 2 % en moyenne, jusqu’à la fin de la décennie, mais ce taux est trop faible pour créer suffisamment d’emplois pour le grand nombre de jeunes chômeurs du pays. Le double déficit s’améliorera en 2019 et 2020, si les réformes économiques attendues — telles que la suppression des subventions et l’amélioration du climat des affaires — sont mises en œuvre », a écrit la Banque mondiale dans son rapport d’octobre dernier sur l’évolution de l’économie des pays de la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Les projections publiées, hier, pour la région Mena, particulièrement pour les pays exportateurs de pétrole, sont quasi stables, faisant constater une légère amélioration au compteur, mais soutenue par les membres du Conseil de coopération du Golfe, dont la croissance est attendue autour de 2,6%. La Banque mondiale alerte, cependant, sur « la balance des risques qui penche négativement sur les perspectives des économies fragiles » de la région Mena. La croissance mondiale ne serait pas non plus en meilleure posture, à en croire les analystes de la Banque mondiale. Elle devrait fléchir cette année pour passer d’un taux révisé à la baisse de 3 % en 2018 à 2,9 % en 2019, a indiqué la BM, évoquant un « assombrissement » des perspectives économiques mondiales cette année. Cela pourrait avoir un impact sur l’évolution des cours du brut qui, à leur tour, sont très sensibles à l’état de santé de l’économie mondiale.