Une journée de formation sur «l’hygiène hospitalière et le traitement des déchets», destinée à l’ensemble du personnel de la santé, a été organisée par la direction de la santé, de la population et de la réforme hospitalière au niveau de l’établissement hospitalier spécialisé (EHSP) de psychiatrie de la commune de Nador. Quatre communications portant sur la présentation de « l’hygiène hospitalière dans les établissements publics » (docteur Belamri de l’EPSP Tipasa),

« le contrôle microbiologique de l’environnement hospitalier et le contrôle des blocs opératoires dans la wilaya » (par l docteur Lettelout Hamza responsable du laboratoire d’hygiène de la wilaya ), « les déchets d’activités de soins » (docteur Hafida Lamia) et « la collecte des déchets et leurs traitements » (représentant d’EURL Rbnet) ont constitué l’essentiel de cette journée de sensibilisation et de formation continue. Selon docteur Mekki, médecin au service de la prévention de la DSP, cette journée de formation a été organisée pour redéfinir ce qu’est l’hygiène hospitalière dans le but de prévenir les infections nosocomiales qui sont transmises dans le milieu hospitalier en plus du sujet de la collecte et du traitement des déchets. Interrogée par Reporters sur l’état des lieux en matière d’hygiène dans les établissements hospitaliers de la wilaya qui aurait justifié l’organisation de cette journée, la responsable de la DSP dira qu’il s’agit seulement d’une rencontre de routine, des actions à rappeler régulièrement dans un but préventif afin d’éviter de se trouver devant des situations négatives. Pour elle, la situation de l’hygiène dans la wilaya de Tipasa est normale car elle fait l’objet d’un suivi sérieux et rigoureux avec des analyses de l’eau, des sols qui se font régulièrement, mais ce qui n’exclut pas, bien sûr, qu’on peut toujours faire mieux. L’eau, l’air, les surfaces et l’architecture même du lieu sont autant de paramètres à prendre en compte dans le respect de ces normes d’hygiène. Ce genre de rencontres est important, selon elle en ce sens qu’elles permettent un rappel des instructions, des directives et des règles de base. La formation est axée sur le respect des normes et des règles qui sont connues et bien identifiées tout en l’associant à la question du tri des déchets qui est bien prise en charge ici à Tipasa sur la base d’une réglementation stricte avec des sachets de couleur différentes : ceci est devenu un réflexe chez tout le personnel qu’il soit médical ou paramédical. L’incinération des déchets hospitaliers est, elle aussi, bien maîtrisée, car elle se fait sur la base d’un protocole bienprécis. Nous aimerions croire les déclarations de cette responsable qui sont, hélas, contre dites par d’autres intervenants dans ce créneau à l’image du responsable de l’entreprise privée Cintech basée à Blida et chargée du traitement des déchets hospitaliers et industriels qui a exposé en 2017 au 1er salon de l’emploi de la wilaya de Tipasa et qui disait que 80% des incinérateurs des hôpitaux sont à l’arrêt en raison d’un personnel sous-qualifié et d’une mauvaise utilisation du matériel. Une expérience de terrain qui mérite d’être vérifiée avant d’être contredite ou corroborée. Les animateurs de la journée d’information ont mis l’accent sur les douze erreurs les plus fréquentes dans le traitement des instruments et des locaux en milieu hospitalier. Celles-ci ont été largement discutées pour améliorer la prise en charge de l’hygiène en milieu hospitalier, à savoir négliger le nettoyage en raison de l’utilisation de désinfectants puissants, alterner les procédés pour la stérilisation des instruments, désinfecter les instruments en acier inoxydable avec l’eau de javel, ne pas tenir compte du degré de chlore à administrer, conserver l’eau de javel à la lumière ou au soleil, surdoser ou sous-doser les produits désinfectants, conserver les vieilles solutions d’antiseptiques et de désinfectants, désinfecter les instruments en les flambant avec de l’alcool, et les chambres par une brumisation de formol ou par les ultraviolets, désinfecter à l’alcool les housses de matelas en Skaï. De son côté le représentant de Rbnet, une unité spécialisée dans la collecte et le traitement des déchets et déchets spéciaux dangereux industriels, a parlé des normes en vigueur dans le domaine. Chargée de la récupération, l’aide au tri et au transport et à l’incinération Rbnet a mis en place un système de management intégré en matière de qualité et de sécurité, d’ environnement répondant aux exigences des normes ISO 9001 14001 et ISO 45001. La présentation d’un manuel mis à la disposition de tous les professionnels résumant les règles de base de l’hygiène à respecter impérativement a été discutée lors de la journée de formation, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la prévention et de la lutte contre les infections associées aux soins et généraliser les procédures visant à améliorer la gestion de l’environnement dans les établissements de santé publics et privés. La rencontre s’est achevée par un rappel relatif à la redynamisation du comité local de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) créé en 1998, en plus de la coordination, du suivi et de l’évaluation, du renforcement des capacités humaines, des actions d’information et de formation ainsi celui des moyens matériels. n