«Le recouvrement fiscal continue d’être faible», déplore Mustapha Zikara, Directeur général des impôts. Ce dernier, qui se prononçait lors de la Journée d’information sur la loi de finance 2019 et son impact sur l’entreprise, organisée par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci)

, qui s’est déroulée hier à Alger, a avoué que « son administration n’est toujours pas assez outillée pour pouvoir hisser le taux de recouvrement fiscal. Cette année, il a été recouvert seulement 2 000 milliards de dinars, alors que, selon les estimations, le montant à recouvrer est de 8 000 milliards de dinars, soit un écart faramineux et autant pénalisant pour le Trésor public ». Toutefois, il a avancé qu’en dépit du manque de moyens appropriés pour lutter efficacement contre le phénomène de l’évasion fiscale, « ses services déploient des efforts considérables pour tenter de débusquer les fraudeurs ». Zikara ne s’est pas empêché, par ailleurs, de signaler que ses services enregistrent de plus en plus de fausses déclarations « rendant ainsi leur tâche des plus ardues faute de moyens conséquents pour découvrir qu’il y a eu effectivement de fausses déclarations ».
Et de faire de remarquer dans ce sens : « En dépit des mesures pour rendre la fausse déclaration difficile, certains contribuables ne manquent pas de génie pour une autre astuce ». En somme, selon ce responsable, pour élargir l’assiette fiscale, il faudra que les pouvoirs publics y mettent les moyens. Pas seulement, selon Abderrahmane Benkhalfa, qui est intervenu lors des débats également. Selon cet ex-ministre des Finances « quand bien même il a été enregistré une consolidation fiscale, toujours est-il que les flux ont atteint leurs limites du fait de l’effet de la pratique qui s’est généralisée ». En clair, toujours selon ce dernier, « tant que le cash sera de mise dans les transactions, il va réduire la stratégie d’inclusion fiscale. Et donc il est devenu impératif de freiner la pratique du cash qui est d’ailleurs la principale voie de l’évasion fiscale ».
Une approche que partage Zikara. Ce dernier a, par ailleurs, avancé que la stratégie de modernisation des moyens de dissuasion, c’est-à-dire de déployer l’outil informatique, entamée ces deux dernières années va commencer à donner des résultats dès cette année.
«Nous allons continuer à parachever notre programme de déploiement d’infrastructure moderne. « Aujourd’hui, ce sont 22 centres modernes qui sont opérationnels, c’est-à-dire qui ont adopté l’outil informatique. Et de la sorte, nous visons à hisser le taux de recouvrement ou du moins freiner quelque peu l’évasion fiscale ». B. C.