Le représentant de l’ONU, Ghassane Salamé, a insisté à Alger sur la continuité de la coordination entre l’Algérie et l’ONU dans le complexe dossier libyen afin de parvenir à une issue à la crise qui secoue ce pays depuis 2011. La proximité géographique entre l’Algérie et la Libye demeure, selon lui, un élément d’une extrême importance. Ghassane Salamé a ainsi qualifié cette responsabilité de «lourd fardeau» pour l’Algérie et appelé les dirigeants libyens à tenir compte de cette dimension.

En visite de deux jours en Algérie, Salamé, qui a été reçu par le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel, a affirmé que «la rencontre avec le responsable algérien était fructueuse», rappelant que les contacts entre la mission onusienne en Libye et les responsables algériens « n’ont jamais été interrompus », notamment depuis que le responsable onusien a été chargé de cette mission en août 2017.
Le Chef de la diplomatie algérienne et le Chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) ont eu l’occasion de discuter sur les efforts à préserver et à intensifier pour sortir de la crise que connaît ce vaste pays d’Afrique du Nord. Il a été question de la nécessité de la mise en œuvre du plan de règlement onusien qui semble toujours difficile à mettre en branle. Salamé rappellera que l’Algérie, à travers son ministre des Affaires étrangères, suit avec perspicacité la « question libyenne ».
Les différentes visites de Messahel sur le terrain et ses connaissances des dirigeants libyens sont des apports non négligeables qu’il faudrait exploiter et « en tirer profit en vue de poursuivre les efforts à même d’impulser l’action politique en Libye », a noté le diplomate libanais.
Ce dernier a salué « la position constante et positive de l’Algérie vis-à-vis de la situation en Lybie », rappelant la position immuable de l’Algérie sur le passage obligé par la phase de conciliation entre les parties. « L’Algérie a réaffirmé son soutien indéfectible au processus d’entente interlibyenne et au rôle des Nations unies qualifié par Alger d’impartial et légitime », a ajouté Salamé. De son côté, Messahel a ajouté que «le dialogue se poursuivra toujours avec la mission onusienne», et que lors de sa rencontre avec Salamé «il a été question de l’examen de la situation en Libye et des étapes prochaines du Plan d’action de l’ONU pour aboutir à des résultats, notamment la concrétisation de la proposition du Secrétaire général de l’ONU, faite par la voix de Salamé, pour la mise en œuvre du Plan d’action de l’ONU ».
Directement concernée
Messahel a déclaré également avoir indiqué à Salamé « la pleine disponibilité de l’Algérie à accompagner le Chef de la Manul et les Libyens pour le règlement de la crise dans leur pays», ajoutant que « l’Algérie gagnerait à ce que la Libye recouvre sa stabilité, sa sécurité et son unité », au même titre que les autres pays voisins.
L’Algérie à l’instar des pays voisins est directement concernée par la situation en Libye avec laquelle elle partage plus de 900 km de frontières. Messahel s’est félicité également de
l’ «aboutissement» de toutes les rencontres sur la Libye, lesquelles ont permis «un échange d’informations et d’analyses ». Sur les étapes à venir, il a été question de la nécessité d’arriver à des résultats tangibles dans les différents efforts visant à faire sortir le pays définitivement de la crise qui le secoue. Une mission qui demeure toujours difficile. La Libye est dirigée aujourd’hui par deux entités rivales, le GNA, issu d’un processus onusien et basé à Tripoli, et une autorité rivale, installée dans l’Est, soutenue par un Parlement et une force armée dirigée par le maréchal Haftar. Les efforts pour enclencher un processus politique consensuel semblent toujours faire du surplace malgré l’engagement de plusieurs acteurs régionaux, dont l’Italie et la France.n