C’est officiel ! La Coupe d’Afrique des nations 2019 se tiendra en Egypte l’été prochain (15 juin-13 juilet). La Confédération africaine de football (CAF) l’a annoncé hier à Dakar (Sénégal) où s’est tenue la réunion du bureau exécutif de l’instance. Le résultat des votes était sans appel : 16 voix pour les Egyptiens contre 1 seule pour les Sud-Africains, qui ont présenté une candidature sans budget, et un vote non-exprimé. Rédhibitoire pour l’élection sachant que l’instance confédérale voulait éviter d’éventuels nouveaux tracas qui mettraient la tenue du tournoi en péril à quelques mois de la tenue de la 32e édition.

«Je suis heureux de vous annoncer que c’est l’Égypte qui va accueillir la CAN 2019 en remplacement du Cameroun», c’est avec ces mots que Ahmad Ahmad, boss de la CAF, a annoncé le verdict tant attendu même si le suspense était vraiment minime connaissant le contexte dans lequel l’instituton footballistique du continent a élu la terre d’accueil de la reine africaine. Aussi, le Malgache a tenu « à remercier les deux pays, ils sont venus à la rescousse de la CAF lorsqu’on a vu que l’évolution des travaux au Cameroun n’était pas au point.» Le successeur de Aïssa Hayatou savait qu’il venait de sauver les meubles dans un vrai capharnaüm. Si pour se montrer équitable dans l’attribution selon les zone, le choix paraissait naturel, il faut savoir que la marge de manœuvre de la CAF était très restreinte. Elle n’avait pas mille et une propositions pour « loger » sa Coupe d’Afrique des nations. Surtout après avoir décidé de la subtiliser aux Camerounais et que le Maroc, qui semblait prédestiné à prendre le relais, s’est retiré. Contre toute attente. Et pourtant, le Royaume Chérifien avait tout pour suppléer le Cameroun. Mais la théorie du complot qui disait que les Marocains avaient magouillé pour la réattribution de la CAN a fini par obliger les voisins à se rétracter. Ils ont même assuré, intérêts économiques obligent, qu’ils n’avaient jamais l’intention d’être hôtes de l’évènement biennal.

La prémonition  de Ahmad Ahmad
Par ailleurs, quand le nom du Maroc circulait avec insistance, Ahmad Ahmad, patron de la CAF, s’était demandé « pourquoi ne parle-t-on pas de l’Afrique du Sud ou de l’Egypte ? Ces pays disposent de toutes les infrastructures nécessaires.» Une déclaration qui paraissait anodine. C’était une maoeuvre pour détourner l’attention pour certains. Mais il s’est avéré que c’était des propos fondés. Les deux pays cités étaient les seuls à postuler concrètement. Ils ont vu, le 14 décembre dernier, leurs candidatures avalisées pour accueillir la compétition reine en Afrique. A partir de ce moment-là, la CAF ne pouvait pas se permettre de se tromper dans son choix une seconde fois. Sachant que les Sud-africains n’ont pas eu des garanties financières de leur gouvernement, il était inévitable que la structure du sport roi se tourne vers l’Egypte. Cette dernière présente des assurances sur le plan d’infrastructures, hôtelières et footballistiques, pour recevoir les 24 nations (au lieu de 16 comme lors des précédentes séquences) concernées par ce challlenge. Néanmoins, la situation sécuritaire au « pays des pyramides », qui sera hôte pour la 5e fois de son histoire après 1959, 1974, 1986, 2006, reste préoccupante. Les autorités essayeront de relever ce sacré défi durant le mois de compétition.