La grève que va mener, le 21 du mois en cours, l’Intersyndicale de l’Education nationale pourrait ne pas être suivie par le principal syndicat du secteur, à savoir le Cnapeste. Et pour cause. Ce syndicat présenté comme le plus représentatif et mobilisateur du secteur de l’Education nationale n’a pas signé le communiqué final de l’Intersyndicale appelant à la grève du 21 janvier.

Présente à la réunion de lundi, tenue au siège de l’Unpef à Alger, la délégation du Cnapeste s’est abstenue de signer le communiqué final qui ne porte que cinq signatures au lieu de six. S’agit-il d’une défection ou d’un retrait de ce regroupement syndical ? Son chargé de communication Messaoud Boudiba, joint par Reporters, explique l’absence de la signature du Cnapeste dans le document final par des raisons internes liées au fonctionnement de son syndicat. «Effectivement, nous n’avons pas signé le document final de l’Intersyndicale de l’Education nationale pour une affaire interne au syndicat », a-t-il indiqué. Il ajoute : « Nous n’avons pas pu tenir toutes les assemblées générales dans les wilayas et les établissements scolaires pour pouvoir signer un appel à la grève. » Selon son explication, les textes internes du Cnapeste exigent la tenue de conseils de wilaya et des assemblées générales dans les établissements scolaires avant d’appeler à une grève. Le retard dans la tenue de ces assemblées générales s’explique par la période des vacances. « Il nous faut un temps supplémentaire pour pouvoir trancher cette question », note-t-il. Interrogé sur la possibilité de terminer ces assemblées générales dans les délais et de rejoindre la grève du 21 janvier, notre interlocuteur répond vaguement. « Le dernier mot revient à la base. C’est à elle de décider, si nous allons ou non prendre part à cette action du 21 janvier », dit-il, tout en laissent des doutes sur la volonté du Cnapeste à continuer à agir dans le cadre de l’Intersyndicale de l’éducation. « La base est souveraine, elle peut décider qu’on mène nos propres grèves », répond-il. Toutefois, il annonce la participation de son syndicat aux sit-in programmés le 22 janvier devant les sièges des directions de l’Education nationale dans les wilayas. « Nous allons participer aux sit-in prévus le 22 janvier devant les sièges des wilayas. La participation à une telle action n’exige pas le recours aux instances du syndicat », précise la même source. Pourtant, le communiqué du conseil national du Cnapeste, rendu public dimanche dernier, stipule clairement que le conseil national mandate le bureau national à participer à la réunion de l’Intersyndicale.
S’exprimant sous couvert de l’anonymat, une source proche du syndicat nous a confirmé l’impossibilité de la direction du Cnapeste d’appeler à une grève avant que les assemblées générales de sa base ne donnent leur accord. « C’est une question organique interne. Le Cnapeste pourrait suivre le train de la protestation après. En tout cas, on saura la position finale du syndicat lors de la prochaine réunion de l’Intersyndicale de l’éducation prévue le 24 janvier prochain à Alger », affirme notre source. Cette dernière n’a pas manqué de signaler qu’au sein du Cnapeste existe un courant qui s’oppose à toute alliance avec d’autres organisations syndicales.
« La question des alliances a été toujours problématique au sein des instances internes du Cnapeste. Une partie des responsables du syndicat préfère faire cavalier seul. On a vu cela l’année dernière et même avant », rappelle-t-elle. Elle enchaîne : « Il faut se rappeler que le Cnapeste avait mis fin à son alliance stratégique avec le CLA après la mort du fondateur Redouane Ousmane en décembre 2007. Il a également tourné le dos à l’Unpef, en 2014, après avoir mené ensemble pendant des années des actions de protestation ». Enfin, il est certain que cette incertitude va peser sur le moral des troupes et réconfortera la ministre du secteur Nouria Benghebrit