Les personnes à besoins spécifiques feront l’objet d’une attention particulière lors du prochain recensement de la population algérienne en 2020. Par attention particulière, il faut entendre un chiffrage exhaustif de cette catégorie de nationaux, c’est du moins ce que souhaite la ministre de la Solidarité nationale

, de la Famille et de la Condition de la femme. Ghania Eddalia, qui a admis que les chiffres actuels concernant les personnes à besoins spécifiques ne « reflètent pas la réalité », et que ces personnes « ne sont pas recensées de façon fiable, d’autant que plusieurs cas n’ont pas été déclarés ». L’opération prévue dans environ une année, tout au plus, se fera en concertation étroite avec les services du ministère de l’Intérieur, a ajouté la ministre de la Solidarité nationale. Selon les chiffres actuels, la population algérienne des personnes à besoins spécifiques ne dépasse pas le million de cas, «un taux qui est très loin de la réalité », a estimé Ghania Eddalia lors de la tenue hier à Alger de la session ordinaire du Conseil national des personnes à besoins spéciaux. En ce qui concerne le guide-barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités des personnes souffrant d’un handicap, élaboré par le ministère de tutelle en coordination avec l’Institut national de santé publique (Insp), et présenté lors de cette session, la ministre a fait savoir que la mise à jour de cet outil permettrait «de mieux cibler la catégorie des personnes concernées avec bien entendu les aides de l’Etat, tout en garantissant aux handicapés le droit de bénéficier des prestations». L’objectif étant de «consacrer le principe de la justice sociale sur lequel table l’Etat», a-t-elle souligné. Le barème qui évalue actuellement les personnes à besoins spécifiques est basé sur un décret exécutif promulgué en juillet 2014. Il s’agit de réactualiser ce texte de loi. Une équipe d’experts relevant de plusieurs secteurs concernés travaille actuellement sur la révision de l’ancien barème, qui s’appuyait sur les accidents routiers. « Ce travail est essentiellement effectué par des experts de l’Institut national de la santé publique (Insp) », a-t- elle également ajouté. Cette nouvelle procédure prévue «ne va pas changer les montants des primes actuelles, mais elle agira sur les pourcentages des personnes à besoins spécifiques et ce par rapport à un objectif qui est d’attribuer à chacun un montant qui soit au en adéquation avec son handicap. Cela reviendra à la commission spécialisée qui se basera sur un guide très précis», expliquera Mme Ghania Eddalia. Elle a ajouté que la tenue de la session visait également à «inviter le Conseil national des personnes handicapées à examiner le guide médical basé sur la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) et ce après qu’une équipe d’experts de l’Insp a procédé à sa simplification pour le rendre à la portée des médecins et autres qui ne le sont pas». La même responsable a affirmé également que l’ambition existe dans le département qu’elle dirige d’«actualiser et améliorer les primes actuelles» destinées aux handicapés, mais cela dépend de l’«amélioration de la situation financière du pays». Pour ce qui est de l’emploi, Mme Eddalia a relevé une «acceptation» par les partenaires de l’application de l’obligation d’employer 1% de personnes à besoins spécifiques dans différents secteurs par rapport à l’effectif global, indiquant que son secteur « travaille actuellement avec l’ensemble des partenaires afin de faire respecter les lois de la République ».