Après une accalmie qui a duré plusieurs mois, le secteur de l’éducation nationale risque de reprendre avec la protestation. La Charte d’éthique et de stabilité, signée en 2015, entre le ministère de tutelle et les syndicats autonomes afin de stabiliser l’école risque de voler en éclats, tant une volonté de bloquer les établissements

scolaires se fait sentir chez certains syndicats. La menace de grève pèse lourdement sur le secteur et l’Intersyndicale de l’éducation, formée par le Cnapeste, l’Unpef, le Snapest, le Satef, le CLA et le SNTE, veut reprendre la protesta pour arracher ses droits. Il est admis que la grève est le seul moyen à même de se faire entendre. Mais à quel prix une grève peut-elle résoudre des problèmes que traîne le secteur ? De bonne ou de mauvaise foi, cette grève annoncée par les syndicats est-elle l’unique solution pour obtenir une réponse favorable à leurs doléances ? Rien n’est moins sûr, puisque la ministre du secteur, Mme Benghebrit, se dit prête au dialogue et invite les partenaires sociaux à la table des négociations. Elle en a fait l’annonce et les syndicats doivent s’en tenir pour éviter encore un gel des cours et un chamboulement des programmes. Une grève n’est jamais sujet à caution, sauf quand elle ne sert que ses initiateurs. D’autant plus que l’éducation en a vu des dizaines, voire des centaines depuis quelques années, à telle enseigne que le spectre de l’année blanche menaçait souvent la scolarité des enfants. Afin d’évacuer tout soupçon et de faire preuve de bonne foi, seuls la négociation et le dialogue viendront à bout du conflit. L’école ne doit pas être au centre d’une guerre «picrocholine» ni un cheval de Troie pour des raisons obscures, de ce fait, le dialogue pour lequel invite Mme Benghebrit ne doit en aucun cas tomber dans de sourdes oreilles. Les syndicats sont assez conscients de leur rôle et des retombées de la décision qu’ils doivent prendre aujourd’hui. Ainsi, sans pression et sans démagogie, l’engagement de

Mme Benghebrit pour dialoguer avec les syndicats doit être le maître mot pour trouver des solutions et éviter ainsi une grève pour une école déjà atteinte dans son niveau et sa performance. La réunion des syndicats, prévue aujourd’hui, est attendue par tous. La crainte, logique et légitime, des parents doit être aussi au centre des débats de l’Intersyndicale de l’éducation. Le dialogue et rien que le dialogue face aux problèmes.