Le marché pétrolier clôture sa première semaine de l’année sur une note positive. Mais ce ne serait qu’une brève éclaircie permise par la reprise des négociations commerciales sino-américaines.

Le ministère chinois du Commerce a confirmé vendredi que des négociateurs des Etats-Unis se rendraient en Chine lundi et mardi pour le premier tête-à-tête entre les deux puissances depuis que leurs chefs d’Etat se sont rencontrés début décembre pour tenter d’apaiser leur différend commercial. Cette annonce a poussé les investisseurs à miser sur les actifs plus risqués et plus dépendants de la croissance mondiale, dont le pétrole fait partie.
C’est pourquoi, les cours ont repris des couleurs vendredi ; le Brent finissant sur un gain de 1,46 dollar, à 57,41 dollars le baril, alors que le WTI a bondi au-dessus de 48 dollars le baril, grappillant des gains de 1,22 dollar.
Ce mouvement haussier est, cependant, loin d’être une tendance de fond, car les fondamentaux du marché reste – pour le moment – inchangés avec, au compteur, une production qui évolue à vive allure et une demande mondiale de pétrole pour le moins capricieuse. La baisse de la production annoncée par quelques membres de l’Opep, dont son chef de file l’Arabie saoudite, est insuffisante pour pouvoir insuffler aux cours une quelconque dynamique, étant donné que l’offre provenant du continent américain fait craindre le pire aux analystes et aux investisseurs qui se sont mis à parier sur la moindre éclaircie conjoncturelle plutôt que sur les intentions de l’Opep et de ses alliés.
Même si les mesures prises par l’Opep et de ses alliés début décembre sont entrées en vigueur depuis le 1er janvier dernier, s’engageant à réduire de 1,2 million de baril leur production journalière, les perspectives de production aux Etats-Unis sapent les efforts de l’Opep.
Les Etats-Unis, déjà le premier consommateur d’or noir, sont devenus en 2018 le premier producteur avec, au tableau des records, une production de plus de 1,7 million de barils par jour. Outre le risque américain qui vient compenser les efforts de l’Opep et de ses alliés, l’état de santé de l’économie mondiale n’augure rien de bon pour la demande en pétrole, même si une issue favorable des négociations entre Washington et Pékin pourrait donner du punch aux échanges et à la croissance. En témoigne la réaction du marché vendredi à l’annonce de la reprise des négociations commerciales entre les deux plus gros consommateurs mondiaux d’or noir, voire la réaction des investisseurs qui y voyaient une bonne nouvelle pour les échanges. L’appétit pour le risque a alors grimpé d’un cran, reléguant les inquiétudes autour de l’offre au second palier des facteurs à risque. A vrai dire, l’Opep aura beaucoup à faire face à ce que fait subir la production américaine au marché qu’à ce que pourrait être l’état de santé de l’économie mondiale en 2019. Le marché restera en tout cas très volatile compte tenu des incertitudes qui minent les perspectives à court et moyen termes.