Le porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) Idir Achour n’accorde pas assez de crédit à l’offre de dialogue formulée, hier et avant-hier, par la ministre de l’Education nationale. « Nous voulons du concret. Le dialogue sans engagement de solutions n’est pas un dialogue », a-t-il insisté.

Reporters : Comment avez-vous reçu l’offre de dialogue de la ministre ?
Idir Achour : Pour l’instant, nous n’avons rien eu comme offre de dialogue.
Je m’explique. Nous n’avons pas besoin de discussion ou d’un dialogue « folklorique ». Si c’est pour un dialogue de ce genre, nous nous abstenons. Nous avons besoin d’actions concrètes.

Mais qu’attendez-vous donc en termes de propositions ?
Nous attendons des engagements concrets et sérieux sur le terrain. Premièrement, il s’agit de mettre en application les recommandations de la commission qui a travaillé pendant trois ans sur la révision du statut particulier. Deuxièmement, pouvoir négocier une augmentation de salaire immédiate pour les travailleurs du secteur de l’éducation. Troisièmement, cesser de harceler des syndicats pour obtenir une autorisation alors qu’on ne l’accorde même pas pour tenir une simple réunion aussi bien au niveau des wilayas qu’au niveau national.

Vous parlez de harcèlement contre les syndicats alors que la ministre appelle au dialogue. Vous n’y croyez pas ?

Il faut définir les normes du dialogue. Nous n’avons pas besoin du dialogue qui se déroulerait selon les anciennes formes, un dialogue qui n’a pas de sens et qui n’a pas donné de fruits.
La preuve est qu’il n’y a aucun procès-verbal signé des négociations entre les syndicats et le ministère. En vérité, un dialogue sans engagements et sans solutions ne sert à rien.

Etes-vous, dans ce cas, prêt à ouvrir un front contre la première responsable du secteur de l’Education ?

Le front est déjà ouvert parce que les solutions aux problèmes posés n’ont pas été apportées. En plus, il faut relever le fait que les syndicats n’ont pas eu l’autorisation pour tenir une simple réunion dans un établissement scolaire.

Qu’en est-il des revendications pédagogiques qui semblent être oubliées dans votre discours ?

Elles ne sont pas oubliées. L’une des principales revendications pédagogiques a trait au pouvoir pédagogique qui doit primer sur le pouvoir administratif. Le secteur est dominé par des décisions administratives et non pédagogiques. Je me demande comment nous pouvons faire de la pédagogie si chaque année, il y a une réduction des frais de fonctionnement et de gestion d’établissement de 60%. Je cite des exemples, les enseignants n’ont plus le droit de faire des photocopies, ils n’ont pas le droit d’avoir une brosse ou un marqueur…

Sinon vos revendications socioprofessionnelles sont-elles toujours les mêmes ?

Nos revendications socioprofessionnelles seront clarifiées lors de la réunion que nous tiendrons aujourd’hui avec le reste des syndicats.
Mais elles tournent globalement autour du pouvoir d’achat, ce qui implique une augmentation salariale. Il s’agit aussi du statut particulier du travailleur de l’éducation et de l’amélioration des conditions de travail du point de vue pédagogique à travers la restitution du budget de fonctionnement aux établissements scolaires.