La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a contredit hier les chiffres des organisations syndicales sur les moyennes obtenues par les élèves des trois paliers aux compositions du premier trimestre. Invitée de la Chaîne III de la Radio nationale, la ministre est revenue sur plus d’un sujet, réforme du baccalauréat, formation, faiblesse des moyennes et désintérêt des élèves pour les mathématiques…

D’emblée, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a apporté une contradiction aux syndicats ayant affirmé, il y a quelques jours, que seuls « 45% des élèves du cycle secondaire ont réussi à obtenir la moyenne » lors des compositions du premier trimestre. Sur ce point précisément, Benghebrit a indiqué qu’ils ont été «plus de 50% à avoir dépassé la moyenne ». Voulant être davantage dans la précision, la ministre a rappelé que 86% des élèves du cycle primaire ont obtenu la moyenne, suivis de 66% des collégiens et de 63% des élèves du secondaire. Pour autant, reconnaît-elle, cela ne signifie pas, compte tenu du niveau atteint, que « nous sommes satisfaits ». Il reste, a-t-elle déclaré, à comparer ces résultats au défi qu’on s’est donné afin d’atteindre un niveau d’éducation de qualité. Pour ce qui concerne les élèves n’ayant pas obtenu la moyenne, la ministre a signalé que les directions et les inspections de l’éducation de wilayas ont été instruites à l’effet d’entreprendre des sessions de rattrapage adaptées, aux fins, explique-t-elle, de récupérer ceux dont les notes se situent en dessous de la moyenne. Du taux de redoublement scolaire, estimé à plus de 30%, elle a annoncé qu’un certain nombre de dispositifs ont été mis en place parmi lesquels et, outre des sessions de rattrapage, figurent une formation poussée et un accompagnement suivi des enseignants.

Une formation de qualité
Sur un autre registre, Nouria Benghebrit a affirmé que « les enseignants doivent obligatoirement bénéficier de formation même s’ils ont plusieurs années d’expérience et les inspecteurs ont le devoir de les accompagner ». Pour elle, « les élèves sont en augmentation chaque année. Et si on prend les cinq dernières, on a renouvelé le tiers des formateurs encadreurs», ajoutant que «ce corps n’a pas eu une formation spécifique, chose qui se fait actuellement». Ainsi, dans son évaluation du rendement pédagogique de l’Ecole algérienne, la ministre a insisté sur la nécessité de «corriger les déséquilibres enregistrés dans la formation des encadreurs sortant des écoles normales». D’ailleurs, «il est impératif d’adopter les critères de compétence professionnelle dans la titularisation et la promotion des enseignants en vue de consacrer la qualité de l’Ecole algérienne et lui restituer sa place », a-t- elle affirmé.

De même, la ministre a annoncé que «pour la rentrée scolaire 2019/2020, le ministère de l’Education nationale poursuivra le recrutement d’enseignants dans les trois cycles», sans pour autant livrer de chiffre, à l’exception de celui de 2017, où 18 000 enseignants ont été recrutés. Entre autres mesures retenues pour améliorer la qualité de l’enseignement, Benghebrit a fait état de l’élaboration d’un Plan stratégique national de formation des inspecteurs, de guides et d’un ensemble d’outils didactiques à l’intention des enseignants.
Le bac en trois jours à partir  de 2021
Evoquant de nouveau la réforme du baccalauréat, Nouria Benghebrit a précisé qu’avant de mettre en vigueur la réorganisation de l’examen du bac, il faudra d’abord commencer par l’évaluation des élèves de la deuxième année secondaire. Ce qui ne pourrait se faire qu’en 2020. Puisque dans le projet de la réorganisation du bac, les notes de la deuxième année secondaire seront prises en considération dans l’examen du bac dans le cadre de l’évaluation continue. «Si on met en place la réorganisation du bac, elle ne pourra commencer qu’en 2021 et touchera les élèves de la deuxième année secondaire, et le bac en trois jours serait donc pour 2021», a-t-elle expliqué. Pourtant, au début de l’année scolaire, la ministre de l’Education avait annoncé que la réorganisation du bac sera appliquée à partir de la rentrée scolaire 2019-2020. Mais avant, a-t-elle précisé, le projet sera expliqué à la société à partir de cette année.

Un désintérêt pour les mathématiques
La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a affirmé, par la même occasion, que seuls 2,76 % des élèves, toutes spécialités confondues, s’intéressaient aux mathématiques. Un taux qui a été revu à la baisse par rapport à l’année dernière qui était de 3,46%. Pour pallier ce dysfonctionnement, Mme Benghebrit a souligné l’impératif de mettre en place une stratégie commune entre son secteur et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en vue de promouvoir l’enseignement des mathématiques dans les trois cycles, et de rendre celles-ci plus attrayantes pour les élèves. «Le ministère de l’Education adopte une stratégie nationale qui promeut les mathématiques en proposant des alternatives pédagogiques afin d’examiner les difficultés entravant l’apprentissage de cette matière chez l’élève en se basant sur la référence nationale d’apprentissage, d’évaluation et de formation», a indiqué la ministre tout en rappelant l’existence, depuis 2012, d’un lycée de mathématiques à Alger. Enfin, et concernant l’éventuel recours des syndicats à la grève, la ministre a réitéré sa «disponibilité» au dialogue. «Il est vrai qu’il y a des points de discorde, mais qui font l’objet d’une discussion approfondie. Il n’y a aucun problème de notre part, car seul le dialogue et la concertation peuvent amener à trouver les solutions adéquates », a-t-elle conclu.