Après des années d’abandon et plusieurs tentatives pour relancer l’exploitation de la station thermale Hamam Lahdeb, les autorités locales lancent une nouvelle initiative de récupération et d’exploitation de cette source thermale, connue à l’échelle nationale pour ses eaux naturellement pures et riches en sels minéraux,

classées parmi les meilleures eaux de cure thermale. El Hachemi Daoui, élu et chargé du dossier de Hamam Lahdeb, a affirmé qu’un avis d’adjudication relatif à la concession d’exploitation de cette station hydrominérale a été lancé à la fin du mois de décembre dernier par l’APC de Rouissat. Un soumissionnaire sera désigné à travers un appel d’offres public après modification du cahier des charges techniques pour la prestation de restauration pour le rendre opérationnel. Tout opérateur possédant les capacités nécessaires et s’activant dans le domaine du tourisme sera le bienvenu, a lancé M. Daoui. L’avis va être publié dans les journaux et affiché sur le lieu pour que toute personne intéressée puisse le consulter. Le cocontractant bénéficiera d’un contrat de concession pour la restauration et l’exploitation du lieu durant six ans renouvelable. Bien que le lieu se soit gravement dégradé et a perdu beaucoup de sa superficie, les autorités locales tentent par tous les moyens de récupérer et exploiter ce bain thermal en vue de soutenir la relance du secteur du tourisme, notamment le thermalisme et la balnéothérapie. Ce lieu, non seulement vétuste et partiellement effondré, est aussi confronté à des litiges de foncier. Une grande partie de la superficie du site, qui abrite la station de refroidissement, a été attribuée illégalement dans le cadre de la concession à un particulier, un ex-député, selon les rumeurs. Ce terrain devait contenir un complexe thermal, prévu depuis quelques années, mais dont la réalisation a été retardée pour des raisons confuses. Le pillage systématique du terrain du hammam a réduit considérablement la superficie réelle du site, estimée officiellement à 5 000 m2 surtout après l’implantation d’un centre thermal appartenant au secteur militaire à proximité du hammam qui a rogné à son tour une grande parcelle du site. En 2016, une nouvelle institution a été créée sous le nom d’Entreprise publique de gestion des hammams et thermes. Dépendant de l’APC de Rouissat, cette entreprise, dirigée par l’ex-élue, Mme Benkrima Rokaya, avait pour objectif de gérer les ressources thermales existantes pour les maintenir en exploitation. En effet, en l’absence d’une réelle politique de préservation et d’entretien de ce vestige, ce lieu voué à l’abandon s’est transformé en abri pour délinquants, alcooliques et drogués. Un budget de 2 milliards de centimes a été injecté à cette époque pour la réhabilitation et la récupération du hammam Lahdeb, mais les opérations n’ont pas été accomplies pour des raisons incompréhensibles. Ce site aux deux dômes a été construit en 1959 par les Français. Située en plein cœur des palmeraies sur les hauteurs de la commune de Rouissat, et grâce à la qualité de ses eaux chlorurées sodiques et très chaudes, pouvant atteindre les 60 degrés, et son débit fluide thermique estimé à

360 l/s, cette source attirait autrefois des milliers de visiteurs et de touristes qui venaient de l’intérieur et de l’étranger pour profiter des cures thermales, mais aussi pour admirer un des plus beaux couchers de soleil qu’on peut voir dans ce coin. Environ 39 sources thermales sont inventoriées à travers la grande wilaya d‘Ouargla, selon le bilan thermal établi en 2015, dont 15 retenues pour l’investissement mais aucune n’est réellement exploitée à ce jour. n