« Compte tenu de nos capacités d’hébergement limitées, nous avons dû, hélas, refuser beaucoup de demandes tant l’afflux était important. Il faut dire qu’avec l’apport des réseaux sociaux et tous les supports médiatiques, nos sites d’hébergement traditionnel sont maintenant très connus, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Regardez le nombre de touristes étrangers qui défilent ici dans cette grande palmeraie de Béni Izguène », souligne avec un sourire de satisfaction, Bakir Habirèche, propriétaire de l’une des plus grandes et plus vastes résidences traditionnelles à N’tissa, au fin fond de la palmeraie de Béni Izguène, dénommée « Aghlan Paradise ».

Il ajoute : « Au contraire de nombre de nos compatriotes qui débarquent sans prendre leurs dispositions, eux, sont très organisés puisqu’ils réservent bien à l’avance soit par le biais des agences de voyages soit à titre individuel ou par l’intermédiaire de leurs amis algériens. Nous avons aussi une autre catégorie de touristes étrangers qui défilent ici à l’année, ce sont les diplomates accrédités en Algérie et leurs familles qui passent ici plusieurs fois dans l’année. En sus de l’architecture traditionnelle, de la nature verdoyante à l’année et de la sublime palmeraie, ils apprécient beaucoup le calme et la discrétion qui leur sont assurés ici. D’ailleurs, c’est très rare que certains d’entre eux ne reviennent pas pour d’autres séjours, fussent-ils de courte durée.»

Les touristes étrangers sous  le charme
C’est effectivement le constat que nous avons fait, jeudi, en circulant en voiture le long des huit kilomètres de la route, récemment goudronnée, qui serpente tout au long de Oued Nt’issa dans cette superbe palmeraie de Béni Izguène, aux jardins et potagers défilant des deux côtés de la route. Sous les rayons d’un soleil radieux, réchauffant cette journée quelque peu fraîche, des groupes de touristes nationaux et étrangers, dont beaucoup accompagnés de femmes et d’enfants, déambulent en petits groupes le long des palissades en troncs de palmier séchés, tressés traditionnellement. Ce qui donne encore du charme à l’endroit tout en lui assurant un respect de l’environnement. Ici pas de mur en béton ni de muraille en parpaing, tout est fait dans la tradition et le respect de la nature et c’est ce qui fait son charme et son attrait pour les touristes. «Certains ont même regretté que les autorités aient goudronné cette route, car les touristes apprécient beaucoup les pistes. Pour eux, ce bitume qui serpente le long de Oued N’tissa est comme une balafre assénée à la nature», murmure un guide rencontré à proximité de la «Résidence Akham», accompagnant un groupe de touristes étrangers. Considérées comme des lieux d’hébergement touristique à forte valeur patrimoniale, les maisons traditionnelles, situées dans la vallée du M’zab, suscitent un véritable engouement en ces périodes de vacances de fin d’année chez les touristes nationaux et étrangers. Classées comme patrimoine architectural d’importance universel, les maisons et résidences traditionnelles du M’zab, région touristique du Sud algérien, ont subi des réaménagements répondant aux conditions de confort minimum très prisées par les touristes. Situées pour la plupart dans des palmeraies verdoyantes, en dehors du tissu urbain, elles suscitent l’intérêt d’une clientèle en quête d’authenticité, de quiétude et de dépaysement. « Toutes les maisons traditionnelles affichent complet depuis la mi-décembre », souligne ammi Aïssa, un guide touristique de Ghardaïa. Les réservations se font par Internet pour la somme de 30 000 DA par personne et par semaine, précise-t-il. « Les touristes nationaux ou étrangers cherchent la simplicité, le dépaysement et la nature, aussi les maisons traditionnelles du M’zab constituent un lieu idéal pour ce type de clientèle », fait-il-observer. Cherchant à impulser un nouvel élan pour le tourisme, de nombreux jeunes du M’zab ont procédé à des aménagements de leur palmeraie familiale pour en faire des sites d’accueil et d’hébergement, pour répondre à une forte demande de touristes. Il existe une dizaine de sites, situés dans les différentes palmeraies de la vallée du M’zab, pouvant abriter plus de 300 personnes, révèle un tour opérateur de Ghardaïa. C’est une nouvelle tendance du tourisme à Ghardaïa, explique un gérant d’une résidence traditionnelle, basée sur la dimension culturelle et écologique. Avant d’ajouter que l’habitat traditionnel constitue l’une des principales attractions des touristes. Des maisons fortifiées construites en pisé parfois, majestueusement perchées sur des pitons rocheux et richement décorées, attirent la curiosité des touristes.

Beaucoup de jeunes et moins jeunes ont accueilli la nouvelle année
La région de Ghardaïa vit, ces derniers jours, au rythme des nombreux touristes, essentiellement de jeunes nationaux, venus passer des moments de détente et de découverte dans les palmeraies de la région du M’zab, dont de nombreux sites sont classés patrimoine universel, signale le directeur du tourisme de Ghardaïa. Près de 1 500 touristes, entre nationaux et étrangers, ont choisi de passer les fêtes de fin d’année dans la région, selon le même responsable. Les vingt-deux structures hôtelières, situées dans la wilaya de Ghardaïa, dont cinq classées, affichent complet. La station thermale de Zelfana, à 70 km au sud-est de Ghardaïa, connaît également, en cette fin d’année, un flux important de visiteurs à la recherche de ses vertus curatives et récréatives et réputée, aussi, pour son oasis verdoyante et ses dunes. Ce rush a animé la région, créant ainsi une dynamique de l’activité économique locale notamment les services et l’artisanat. Véritable trésor à ciel ouvert, la vallée du M’zab n’en finira jamais de subjuguer ses visiteurs. Protégeons-la, prenons-en soin.