L’Intersyndicale de l’éducation nationale précise ses intentions d’aller vers un mouvement de grève au cours de ce deuxième trimestre de l’année scolaire 2018/2019.

Six syndicats autonomes qui composent l’Intersyndicale ont réuni, au cours des derniers jours, leurs conseils nationaux pour mandater, discuter de la situation du secteur de l’éducation et faire des propositions à soumettre à la réunion de demain. Dans ce cadre, le Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (Cela) a tenu, jeudi, une session de son conseil national qui a débouché sur le mandatement du bureau national du syndicat à prendre toutes les décisions qui s’imposent au cours de la réunion de demain. « Après avoir fait le point sur la situation catastrophique que vit le secteur de l’éducation dans toutes les wilayas du pays, le conseil national a mandaté le conseil national du CLA à choisir les modalités et les dates appropriés pour l’action de protestation à mener dans le cadre de l’Intersyndicale de l’Education nationale », a déclaré à Reporters le secrétaire du CLA, Idir Achour. Pour ce dernier, le recours à la protestation pour dénoncer la situation du secteur de l’éducation s’impose de lui-même. Il ne reste qu’à définir les modalités et les dates de cette protestation qui seront définies demain lundi.
De son côté, le Cnapeste a tenu, hier, une session de son conseil national. Sans surprise, il a opté pour le déclenchement d’un mouvement de protestation pour dénoncer « les atteintes aux libertés syndicales » et
« la non-prise en charge des revendications des syndicats », « la suppression de certains points dans les procès-verbaux de réunion ».
Dans une déclaration à la presse, le chargé de communication au Cnapeste, Messaoud Boudiba, a rejeté la balle dans le camp de la ministre de l’Education nationale. Pour lui, la tutelle est responsable du recours des syndicats à la grève. Par la même occasion, il a fait savoir que le conseil national de son syndicat a mandaté le bureau national du syndicat pour prendre les décisions qu’il faut lors de la réunion de demain.
Pour sa part, le coordinateur national du Syndicat national autonomes des enseignants du secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, a déclaré hier à Reporters que son organisation syndicale a réuni elle aussi son conseil national qui a pris les mêmes décisions que le CLA et le Cnapeste.
Il estime que la situation actuelle du secteur de l’éducation pousse à la révolte et à l’union des syndicats.
« Nous ne pouvons plus nous taire devant l’état actuel du secteur. La dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs se poursuit, les pressions sur les syndicalistes s’accentuent, le refus de la tutelle d’honorer ses propres engagements persiste », déplore-t-il, avant de révéler que son syndicat est pour une action de protestation d’envergure. L’Intersyndicale de l’Education nationale comprend le Conseil national des enseignants du secondaire et du technique (Cnapest), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapeste), l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), le Conseils des enseignants des lycées d’Algérie (Cela) et le Syndicat national des travailleurs de l’Education (SNTE). Notons que ces six syndicats se sont retirés, le 11 décembre dernier, de « la charte d’éthique éducative ».
Un retrait suivi, hier, par le boycott de la réunion d’évaluation qui a regroupé la ministre de l’Education nationale Nouria Benghabrit avec les directeurs de l’éducation de toutes les wilayas du pays.
Commentant la démarche de l’Intersyndicale de l’Education nationale, la ministre a indiqué hier que les portes du dialogue sont toujours ouvertes et que ses services font de leur mieux pour résoudre tous les problèmes que rencontrent les employés de son secteur.<