Lors d’un entretien accordé à « Reporters »,  le professeur Abdelmadjid Djenane, directeur de l’université Ferhat-Abbas (Sétif1), a souligné que son établissement prévoit, très prochainement, la mise en place sur le campus central d’El-Bez d’un jardin botanique de plants et de conservation des espèces. «En gestation depuis quelques mois, le jardin botanique s’inscrit dans le cadre du projet  de l’établissement.

Ce projet, placé sous le slogan, «une université socialement responsable», est le fruit de ces quatre dernières années de concertation avec l’ensemble de la communauté universitaire», a-t-il précisé. En effet, le premier responsable de cet établissement d’enseignement supérieur a confié à Reporters qu’une opération d’envergure de plantation des espèces fruitières sur le campus universitaire d’El-Bez sera effectuée dans les prochains jours. « Nous avons décidé de peupler les parties marginales du campus d’El-Bez par la plantation d’espèces fruitières utiles pour le pays. Il s’agit en l’occurrence de 71 variétés d’oliviers enregistrées à travers tout le territoire de l’Algérie. C’est grâce à la coopération avec l’Institut technique de l’arboriculture fruitière (Itaf) et le Conseil interprofessionnel de la filière oléicole (Cifo), que nous avons pu concrétiser ce projet », a-t-il expliqué. Dans le même sillage, le professeur Djenane a souligné que la salle des conférences Mouloud-Kacem Naït-Belkacem, au campus El-Bez, abritera, le 12 janvier 2019 correspondant au 1er Yennayer 2969, une cérémonie de signature d’une convention entre l’université Ferhat-Abbas, l’Itaf et le Cifo pour lancer l’opération de plantation des différentes variétés d’olivier. « La cérémonie de signature de cette convention coïncide avec le premier jour du nouvel an berbère. Ce sera l’occasion pour notre communauté universitaire de célébrer à notre manière le nouvel an amazigh. Nous avons décidé de célébrer ce jour par la plantation d’oliviers dans plusieurs parties de notre établissement pour la préservation de cette espèce symbole de paix et aussi l’amélioration de la qualité de ce produit », ajoute-t-il. Notre interlocuteur n’a pas manqué de souligner que le conseil interprofessionnel de la filière oléicole organisera, à cette occasion, une rencontre régionale à laquelle prendront part les conseils locaux de la filière oléicole de Sétif, Constantine, Batna, M’sila et Bordj Bou-Arréridj. Seront présents aussi, les services de la Conservation des forêts de Sétif et les services de l’APC qui ont physiquement réalisé les travaux de l’ouverture des portes selon les normes requises pour une exploitation industrielle future des oliviers que les chercheurs agronomes prendront en charge. Par ailleurs, notre interlocuteur a tenu à souligner que la mise en place d’un jardin botanique dans cet établissement va permettre la conservation des différentes variétés de l’olivier algérien. « L’Ufas entend bien contribuer au développement de cette arbre légendaire à travers toute la wilaya de Sétif et, pratiquement, dans sa partie sud fortement touchée par l’érosion éolienne et pluviale», a-t-il indiqué. Tout en ajoutant que ce jardin d’une superficie de plus d’un hectare permettra à l’avenir des analyses physico-chimiques pour améliorer la qualité de l’huile locale et, par conséquent, son exportation vers l’étranger. Ce dernier a ajouté que la région de Sétif abrite essentiellement les variétés d’oliviers et d’huiles d’olive vierges, voire extra-vierges, qui sont des types d’huile fortement demandés par le marché mondial de l’huile. Chiffres à l’appui, le Pr. Djenane a précisé que la filière oléicole en Algérie occupe actuellement 500 000 hectares seulement. « Il est prévu de porter cette superficie à 1 million d’hectares et ceci par son introduction dans les parties australes de l’Algérie (M’sila, Biskra, El Oued, Ghardaïa, voire jusqu’à Tamanrasset.
Ceci va améliorer certainement la position du pays sur le marché international de l’huile d’olive», a-t-il expliqué. Pour la consommation de l’huile d’olive, ce dernier souligne que la consommation n’est que de
1 litre par habitant et par an, soit 20% seulement de la consommation par personne de la Méditerranée. n