Si la « harga » ne cesse de faire l’actualité dans notre pays, notamment après la tragique disparition, il y a quelques semaines, d’une vingtaine de migrants irréguliers qui cherchaient à gagner les côtes espagnoles à partir de la rive oranaise de la Méditerranée, le pays maghrébin massivement pourvoyeur de migrants vers l’Europe reste le Maroc.

En 2018, selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), qui a publié, jeudi, de nouveaux chiffres sur les migrants clandestins, ce pays voisin vient en deuxième position des pays d’origine après la Guinée (13 068 personnes). Selon la même source, 12 745 migrants sont Marocains.
Le Mali vient en troisième position avec 10 347 migrants tandis que la Syrie n’était que le quatrième pays d’origine des arrivants, suivie de l’Afghanistan et de l’Irak.
Le Maroc connaît un afflux important de ressortissants subsahariens et d’autres nationalités en raison de sa grande proximité avec l’Espagne. Il est considéré comme une tête de pont vers l’Europe à cause notamment de l’existence de réseaux de passeurs particulièrement rodés qui, selon un communiqué de la police marocaine, jeudi, sont également sollicités par des Algériens candidats à l’immigration. Ce qui représenterait une tendance nouvelle, nos ressortissants préférant le plus souvent faire la traversée à partir de nos côtes entre Mostaganem et Aïn Témouchent, selon les dernières opérations anti-immigration clandestine menées par les gardes-côtes de la Marine nationale.
En effet, selon cette même police marocaine, un « réseau criminel impliqué dans l’organisation d’opérations d’émigration clandestine » vers l’Espagne a été démantelé dans la région de Tanger. D’après la même source relayée par les agences de presse, les investigations ont conduit à l’arrestation de quatre personnes dont le « propriétaire d’une maison dans laquelle se trouvaient 17 candidats à l’immigration irrégulière, parmi lesquels se trouvaient 14 Algériens ». D’après la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN marocaine), cette opération intervient au lendemain de la mise en échec, dans la région de Salé, d’une « tentative d’émigration illégale » impliquant 89 candidats marocains, et de l’arrestation de trois passeurs présumés.
Selon un bilan officiel, le Maroc a stoppé 68 000 tentatives d’immigration clandestine et démantelé 122 «réseaux criminels actifs» entre janvier et fin septembre 2018. Outre les migrants venus d’Afrique subsaharienne, les tentatives de départ de Marocains à bord d’embarcations pneumatiques se sont multipliées ces derniers mois. Avec plus de 56 000 arrivées sur les côtes espagnoles cette année, la route migratoire maritime entre le Maroc et l’Espagne est à présent « la plus fréquentée », d’après l’Organisation internationale des migrations (OIM).<