Le président du Front El Moustaqbel, candidat à la candidature pour la présidentielle, Abdelaziz Bélaïd appelle à la neutralité de l’Armée dans les rendez-vous électoraux et l’exhorte à ne pas intervenir dans la scène politique.

« Il faut absolument que cette institution soit neutre », a-t-il lancé d’entrée lors d’une conférence de presse qu’il a animée en marge de la conférence nationale sur les femmes, organisée par son parti à Zéralda. M. Bélaïd a réagi au récent communiqué du ministère de la Défense nationale en soutenant qu’« en tant qu’institution de la République, il faut absolument que l’Armée observe la neutralité et s’éloigne le plus loin possible du jeu politique. Dans tous les cas de figure, l’ANP est la seule institution qui reste crédible et garante de l’unité nationale et qui doit, en conséquence, laisser la politique aux seuls politiciens ». S’exprimant à propos des déclarations des retraités de l’Armée, Bélaïd soutiendra que « des retraités de l’Armée ont le droit de faire de la politique en tant que citoyens. C’est une liberté individuelle, ils ont donc en tant que citoyen la liberté de prendre des positions quant ils sortent de l’institution», avant d’expliquer que par rapport au communiqué du MDN, « il est possible qu’il y ait des choses qu’on ne connaît pas par rapport à cette question ». Aussi et s’agissant tant du report que de la prolongation du mandat présidentiel, Bélaïd se dit totalement opposé. «Nous sommes dans un pays où le pouvoir dit qu’on se porte bien, pourquoi alors appeler à un report de l’élection ou à une prolongation du mandat présidentiel ? Il y a une stabilité du pays ?
Pourquoi alors veut-on piétiner la Constitution ?» a-t-il interrogé, avant d’estimer que « ce n’est pas normal ni raisonnable de reporter l’élection présidentielle sauf à passer outre la Constitution». A la question de savoir quelle est la position de son parti par rapport au 5e mandat, M. Bélaïd explique qu’il faut soumettre cette question au peuple. «C’est au peuple d’en décider», explique-t-il. Bélaïd Abdelaziz, désigné officiellement candidat du Front El Moustaqbel pour les prochaines élections par le dernier congrès, affirme que son parti « participera au rendez-vous de 2019 dans tous les cas de figure et quels qu’en soient les scénarios et quelles qu’en soient les nouvelles données qui peuvent nous être communiquées dans les semaines à venir». Son argument : « Nous sommes un parti qui respecte la légalité et la Constitution ». Sollicité au sujet de son silence au moment où l’opacité entourait le rendez-vous de 2019, Bélaïd a expliqué : « Il avait une vision claire de la situation politique dès le départ. Je sais où je vais et le pouvoir sait où il va et ce qu’il fait. Tout ce qui a été fait par le pouvoir est d’éloigner le débat sur le 5e mandat. Il a créé un problème à l’APN et d’autres situations ailleurs, juste pour dévier l’opinion publique par rapport à la présidentielle», sans de plus amples détails. Bélaïd Abdelaziz s’est en outre démarqué des initiatives du MSP et de TAJ en raison de leur opacité : «Des conférences et initiatives, mais pourquoi faire ? Quels sont les objectifs poursuivis à travers ces conférences ?», a-t-il questionné. «Rien n’est clair concernant ces initiatives. Ce sont des initiatives qui ne sont pas bâties sur des visions stratégiques et qui pèchent par une absence d’une plateforme bien claire» lance-t-il, avant de soutenir «s’ils veulent qu’on travaille ensemble qu’ils élaborent une plate-forme bien claire et expliquent exactement où ils veulent aller ?» Par ailleurs Bélaïd a grandement dénoncé l’utilisation de l’argent par «des lobbies pour faire de la politique».
«On ne peut pas être entrepreneur, milliardaire et venir bousculer les candidats au niveau des APC, des APW, à l’APN et au Sénat», lance-t-il. Avant de préciser : «Ils disent venir au Sénat et à l’APN juste pour se protéger à travers l’immunité !» Dévoilant qu’« il y a des gens qui offrent des télévisions, des portables, des bons d’achats au vu et au su de tout le monde », le conférencier lancera : « Nous sommes contre ceux qui utilisent leur argent pour acheter les voix, cela altère le climat politique ». Selon lui, « dans d’autres pays, la justice s’autosaisit dans pareilles situations ; ce n’est malheureusement pas le cas chez nous ». Sur le plan organique, se disant très mobilisé pour une véritable structuration de son parti, l’orateur soutiendra que «nous sommes un parti qui milite pour atteindre le pouvoir et nous souhaitons que le pouvoir nous considère comme un parti à part entière, implanté à travers tout le pays et non juste un micro parti ».