Les membres de l’Opep et leurs partenaires non-Opep ont commencé à limiter leur offre depuis le 1er janvier, comme convenu lors de la dernière réunion du 7 décembre dernier.

Les 25 producteurs réunis dans cette entrevue, signataires du pacte de coopération aux fins de rééquilibrer le marché, ont décidé de réduire leur production de 1,2 million de barils par jour à compter du 1er janvier 2019. Les producteurs ont commencé ainsi à réduire leur offre, ce qui semble donner d’ores et déjà au marché un signe de satisfaction, alors qu’il s’enfonçait dans le rouge depuis début octobre. La baisse de la production des membres de l’Opep a permis en tout cas de faire oublier quelque peu les inquiétudes quant à l’état de santé de l’économie mondiale, voire à une offre abondante, provenant essentiellement du continent américain. Les investisseurs ont réagi positivement aux annonces de certains producteurs qui se sont mis à pomper moins de pétrole depuis le début de l’année en cours. L’Arabie saoudite a ainsi exporté, en décembre, 7,25 millions de barils de brut par jour (mbj), soit moins que lors des deux mois précédents, selon des données compilées par l’agence Bloomberg à partir du suivi de navires pétroliers par satellite. Ryad a ainsi « pris de l’avance sur son engagement à réduire sa production, ce qui est considéré comme un signal encourageant », a remarqué Andy Lipow, de Lipow Oil Associates. Le plus grand producteur de l’Opep avec, au tableau, une production qui a dépassé les 11,2 millions de barils par jour en novembre, a ainsi tenté de montrer la voie aux autres producteurs de l’Organisation. Outre l’Arabie saoudite, la production continue par ailleurs de reculer au Venezuela et en Iran et « la capacité de la Libye à exporter est affectée par des conditions météorologiques défavorables », a souligné M. Lipow. La combinaison de ces facteurs a aidé le marché à se remettre quelque peu d’une chute vertigineuse qui a fait perdre au Brent 35% de sa valeur depuis début octobre, alors que la référence américaine, elle, a chuté de 40%. Néanmoins, les bonnes nouvelles sur la baisse de l’offre des pays de l’Opep ont été compensées par une production américaine qui évolue à toute allure et menace de battre un nouveau record. Les investisseurs ont pris en compte l’essor de la production des Etats-Unis, devenus le premier producteur mondial d’or noir avec l’exploitation du pétrole de schiste. Dans ce contexte, les données hebdomadaires de l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA) seront scrutées lors de leur publication dans la soirée d’hier. A l’heure où nous mettions sous presse, l’administration américaine n’a pas encore levé le voile sur la situation hebdomadaire des stocks, mais les analystes tablent sur une baisse de 2,3 millions de barils des stocks de brut, sur une hausse de 2,7 millions de barils des stocks d’essence et des stocks d’autres produits distillés (fioul de chauffage et gazole) de 1 million de barils, selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg. Si cette baisse venait à se confirmer, les cours pourraient retrouver des couleurs et finiraient la semaine sur une hausse après plusieurs chutes successives amorcées depuis début octobre. Hier vers 14H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 57,34 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,39 dollar par rapport à la clôture de jeudi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «Llight sweet crude» (WTI) pour le contrat de février prenait 1,07 dollar à 48,16 dollars. Les prix du pétrole montaient hier encore en cours d’échanges européens, profitant de l’appétit des marchés pour le risque alors que les négociations entre Pékin et Washington vont reprendre lundi.
Le prix du panier de quatorze pétroles bruts, qui sert de référence à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), s’est établi quant à lui mercredi dernier à 52,17 dollars le baril, contre 51,55 dollars vendredi dernier, a indiqué jeudi l’Organisation pétrolière dans un communiqué publié sur son site web.