L’Algérie voit d’un bon œil les mesures prises récemment par les parties libyennes pour la coordination des affaires sécuritaires dans leur pays. Pour le chef de la diplomatie, Abdelkader Messahel, il s’agit d’un « pas positif pour l’unification des institutions de l’Etat libyen ».

Depuis le 1er janvier 2019, les départements du ministère libyen de l’Intérieur et les services de sécurité à Tripoli sont autorisés à coopérer avec leurs homologues de l’est du pays. L’objectif est de « renforcer la réconciliation inter-libyenne », a affirmé le ministre de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale (GNA), Fathi Bashagha. « Le ministre de l’Intérieur a accordé la permission à tous les départements et services de sécurité du ministère de contacter officiellement leurs homologues orientaux », souligne un communiqué de son département. Le 26 décembre 2018, des officiers de police et des forces de sécurité venus de différentes régions du pays se sont rencontrés à Benghazi dans le but d’unifier leurs efforts en matière de sécurité, ajoute la même source. « Nous les encourageons (parties libyennes, ndlr) à persévérer sur cette voie de dialogue, seule à même de permettre le retour de la stabilité en Libye », a soutenu le chef de la diplomatie algérienne dans un tweet posté avant-hier jeudi. Il se félicite d’une coopération qui aura pour but principal de renforcer la réconciliation inter-libyenne, a affirmé Fathi Bashagha, dans un contexte où il est question de la tenue d’élections législative et présidentielle. Ce double scrutin qui devait avoir lieu en 2018 n’a pu se tenir en raison de difficultés sécuritaires importantes aggravées par une mésentente politique entre l’Ouest et l’Est libyen. La mesure destinée à la coordination des différents acteurs sécuritaires libyens est selon les observateurs du dossier libyen un signe d’apaisement et de raison. Il devrait inciter à mieux concevoir le projet d’une mise à jour des institutions du pays via des élections crédibles et reconnues par les instances internationales. Les démarches entreprises, dans ce cadre, par les Nations unies et leur émissaire Ghassan Salamé devront permettre notamment d’aboutir à l’organisation de ces élections au printemps 2019, si des bouleversements ne viennent pas brouiller à nouveau les prévisions. Le pari est que le consensus qui s’est exprimé à l’initiative de Tripoli de «coordonner» les questions sécuritaires avec Benghazi se vérifie aussi à l’échelle politique. Cela permettra d’espérer véritablement que les accords conclus à Paris en mai 2018 puis à Palerme en fin d’année 2018 conduisent à l’établissement d’un calendrier précis de sortie de crise. Selon la feuille de route présentée à la fin de l’année écoulée par Ghassan Salamé, il est prévu une conférence nationale de consensus en début de cette année, pour définir les modalités précises du double scrutin devant avoir lieu dès le printemps prochain. Le référendum sur une nouvelle Constitution pourra se tenir en février 2019 si les conditions de sécurité sont réunies, selon la même feuille de route. Wait and see.