Toutes les analyses sur l’évolution des prix du baril pour les prochains mois convergent vers une même éventualité : les prix vont rester dans la fourchette des 45 à 55 dollars le baril si la croissance mondiale venait à ralentir.

Ce que redoutent de nombreux pays exportateurs d’énergie fossile, d’autant que les prix du pétrole ont reculé hier en cours d’échanges européens. En somme, les cours du brut peinent à s’éloigner de leur plus bas en un an et demi, atteints fin décembre à 49,93 dollars pour le Brent et à 42, 36 dollars pour le WTI. Faut-il interpréter ce recul en ce début d’année comme un signe évident d’essoufflement de l’activité économique mondiale ? Neil Wilson, analyste chez Markts, en est convaincu. C’est d’ailleurs ce que soutient l’indice indépendant Caixin qui révèle que l’activité des manufactures chinoises s’est dégradée fin 2018, malgré une légère amélioration de la production, notamment du fait d’une baisse des nouvelles commandes. «Outre ces données chinoises, la production industrielle était en retrait en Asie le mois dernier », a ajouté Wilson, qui donne pour exemple la Corée du Sud, Taiwan et la Malaisie. Pour Caixin « même si c’est léger, c’est la première fois que la santé du secteur empire depuis mai 2017 ». Toujours dans ce même raisonnement l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) estime qu’un essoufflement de l’activité pèse sur la demande de pétrole. De ce fait la Chine est devenue en 2018 le premier importateur mondial d’or noir, ravissant ce titre aux Etats-Unis. A partir de ces éléments que va-t-il se passer en 2019 ? Stephen Brennock, analyste chez PVM, estime : « Même si l’Opep baisse sa production plus qu’elle ne le prévoit pour l’instant, il va y avoir une surabondance de l’offre. » Cette surabondance de l’offre conjuguée aux préoccupations quant au ralentissement de l’économie s’est d’ailleurs vite traduite par une orientation à la baisse des cours du pétrole ce 02 janvier 2019. Toujours au registre des prévisions des cours en 2019, il y a lieu de rappeler que News Phil Streible, analyste à RJO Futures à Chicago, avait déclaré l’année dernière à Bloomberg : « Nous allons probablement entamer 2019 sur le même pied, tiré vers le bas par la production américaine record ainsi que par la guerre commerciale ». Et d’avertir : « Nous ne verrons pas de rééquilibrage des marchés avant la fin du premier trimestre. » Un avertissement à prendre au sérieux dès lors où l’on apprend que les USA vont continuer à produire plus de pétrole de schiste. En somme, il faut s‘attendre à ce que le pays de l’oncle SAM franchisse un record de production qui va avoir un impact sur le marché pétrolier. Ce à quoi une question s’impose : comment va réagir l’Opep ? Par une nouvelle baisse de sa production ou bien espérer une relance de l’économie mondiale ? Notons enfin que pour la première fois depuis 2015, les cours ont terminé l’année à un niveau inférieur à celui du début d’année, clôturant 2018 sur un effondrement par rapport à leurs niveaux d’octobre, qui étaient les plus élevés en quatre ans.