A quelques jours de la convocation du corps électoral en vue de l’élection présidentielle, prévues au printemps prochain, la classe politique redouble d’activités et d’annonces.

Ce regain d’activisme politique, notamment de la part des partis de l’Alliance présidentielle, se fait sur fond de nouvelles positions et de repositionnement. Après tant de péripéties autour du report de l’élection, ensuite autour de la conférence nationale de consensus, les partis de la majorité changent de couleur et annoncent, même si c’est à demi-mots, une préférence pour le 5e mandat sous condition de voir le concerné, le président Bouteflika, annoncer sa décision de rempiler pour une autre mandature. Cela dit, ce qui peut être perçu comme une volte-face de la part des partis soutenant le chef de l’Etat, est annonciatrice du début d’un mouvement qui fait bouger les lignes et commence néanmoins à éclaircir une situation pour le moins floue et confuse. Le dernier positionnement exprimé par le coordonnateur du FLN, Moad Bouchareb, les justificatifs d’Amar Ghoul quant à la nécessité de tenir les élections dans les délais prévus et le refus de tout débat sur le report tel que voulu par Makri, chef du MSP, remettent sur le tapis la possibilité d’aller vers un autre mandat pour Abdelaziz Bouteflika. Alors que cette option était, dans un passé récent, presque évacuée du débat. Moad Bouchareb n’a jamais évoqué cette option depuis qu’il a pris les commandes du FLN. Concernant le RND d’Ahmed Ouyahia, il est à parier que ce silence n’est autre qu’un positionnement tactique, annonciateur d’un consensus autour de la présidentielle. Ce changement rapide et presque inattendu de la part des partis de l’Alliance présidentielle n’a pas encore fait réagir l’opposition qui reste toujours suspendue aux décisions des hautes autorités du pays, pour prétendre se positionner. Ces nouveaux rebondissements sont-ils à prendre pour argent comptant ou sont-ils une autre manière de gagner du temps et prendre à contre-pied une opposition totalement laminée ?