Ensemble créé à l’initiative du musicologue et compositeur Salim Dada, en partenariat avec l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (Onda), l’orchestre des jeunes d’Algérie (OJA) réunissant une centaine de musiciens spécialisés dans le style classique – professionnels ou autodidactes – a animé dimanche soir au palais de la culture Moufdi-Zakaria sa toute première représentation publique.

Un premier concert très applaudi avec à l’affiche un concerto, une suite symphonique, un chant lyrique, mais également une musique contemporaine et une musique de film. Occasion, comprend-on, de montrer l’étendue des ambitions du nouvel ensemble. Interrogé à la fin de la représentation, le chef d’orchestre Salim Dada souligne que «cette représentation est le résultat d’un énorme travail, que ce soit d’organisation, de direction ou d’encadrement (…)». «Je pense que cela montre que tout peut se réaliser avec de la volonté, du travail et de la passion», nous a-t-il également déclaré à propos de la nouvelle formation qu’il continuera à diriger et à encadrer. «La constitution de cet orchestre, réunissant une centaine de jeunes musiciens est un rêve qui se réalise (…) et le résultat est ce soir très positif (…). Nous avons eu un public enthousiaste, cela a été un honneur.» L’orchestre des jeunes d’Algérie réunit ainsi des musiciens versés dans le style classique âgés entre 15 et 30, des artistes de niveaux très différents issus des différentes régions du pays sélectionnés parmi plus de 500 candidats. Le principal objectif de l’OJA est de s’imposer à terme comme une «école de formation» en organisant une moyenne de trois sessions par an, ouvertes à de nouveaux participants. «L’idée est que l’orchestre continue de grandir, nous ne nous sommes pas fixés de limites (…) Notre objectif est aussi d’offrir des formations continues en associant des musiciens de haut niveau avec d’autres moins expérimentés. Cela leur donnera l’opportunité de s’améliorer, d’atteindre une meilleure justesse dans l’interprétation». Remerciant à ce titre l’Institut national supérieur de musique (Insm) qui accueille l’orchestre depuis le 21 décembre. «La formation s’est faite en partenariat avec l’Institut supérieur de musique qui nous a fourni tous les moyens nécessaires. Nous avons réalisé près de 50 heures de répétitions (…) c’est énorme. Le but était d’arriver à une présentation de grande qualité, variée, allant du baroque à la musique contemporaine». Salim Dada nous a par ailleurs annoncé que les prochaines sessions de formation sont déjà «programmées pour les mois de mars et juillet (…) Nous essaierons à chaque fois de les organiser durant les vacances scolaires, surtout que beaucoup de nos membres sont aussi des étudiants». Quant au programme pour cette première représentation de l’OJA, le choix s’est porté sur des extraits de compositions jugées, pour certaines, «difficiles». «Nous avons présenté un programme symphonique important avec des extraits de compositions difficiles», l’orchestre interprétant tour à tour des compositions telles que « Peer Gynt » du Norvégien Edvard Grieg, « Aria-Cantinela » du compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos ou encore la bande originale du film « Augustine, son of her tears » signée par Salim Dada lui-même. La diversité du programme apparaîssant ainsi comme une volonté d’afficher les ambitions de formation des initiateurs du projet. Salim Dada nous précise, à ce sujet, qu’«il est très rare qu’un orchestre présente des genres aussi différents lors d’un même concert».<