Les deux sont censées établir les règles du jeu, le régir et veiller à ce qu’on le respecte. La Fédération algérienne de football (FAF) et la Ligue de football

professionnel (LFP) semblent carrément dépassées par un élément perturbateur, la violence en l’occurrence. Une certaine impuissance face à des « hors la loi » à qui la victoire semble revenir de droit. Surtout quand l’équipe du cœur joue à domicile. Pas question de voir les trois points ou le ticket de qualification filtrer à l’extérieur. C’est un crève-cœur.
Désormais, il faut penser à comment exfiltrer le fair-play. Sauver le sport roi et panser ses plaies. Lui qui est souvent blessé et martyrisé. Presque chaque week-end.
Avant ou après le coup de sifflet. Une mission qui semble impossible dans les circonstances actuelles.
Surtout en l’absence d’une politique de lutte contre la violence réelle. La FAF et la LFP ont souvent prétendu qu’elles visaient à éradiquer ce phénomène. Sans vraiment y parvenir. Ne serait-ce qu’à l’atténuer.
Kheireddine Zetchi et Abdelkrim Medouar gèrent une discipline qui draine les foules. Un sport ultra-sensible où la colère est manifeste et audible. Surtout quand les joueurs et les responsables s’y mêlent en allant d’une ou deux déclarations au vitriol susceptibles de tout embraser. De tout faire dégénérer.
C’est l’affaire
de tous !
Ce spectre fait peur. Il ne faut donc pas le chercher. Ne pas le titiller avec de provocations. Là où le dérapage médiatique notamment est de vocation.
Les médias ont aussi un rôle à jouer comme tous les acteurs du foot. « Je sais que pour un journaliste, c’est presque un sacrilège d’occulter une déclaration fracassante qui pourrait littéralement faire exploser l’audimat. Mais désormais, la raison et le bon sens doivent l’emporter sur cela. Les médias doivent prendre conscience que certains propos qu’ils rapportent, même fidèlement, peuvent accentuer le phénomène de la violence, d’où la nécessité de les éviter, quitte à s’autocensurer », a proposé Mohamed Hattab, ministre de la Jeunesse et des Sports.
Un conseil assez pertinent sur un point sensible et très important. Les journaux, spécialisés notamment, y vont souvent de leur grain de sel pour vendre plus et se sucrer. Sans se soucier de l’éthique et les répercussions que peuvent avoir certaines déclarations. Très condamnable.
Dans tout ce conflit d’intérêt, c’est la jeunesse qui est instrumentalisée et envoyée dans ce qui s’apparente à des fosses où l’intégrité physique est menacée. Là où la mort rôde et côtoie l’amour du club. Un fanatisme manifesté par la haine et le désamour.
M. T