La violence dans et autour des stades de football en Algérie est, on le voit bien, devenue endémique malgré les sonnettes d’alarme tirées à chaque pic atteint par cet odieux phénomène. C’est que ce fléau est bien plus l’expression d’un malaise présent davantage dans la société.

Ce qui inquiète particulièrement et devrait donc mobiliser tout un chacun pour l’endiguer avant que ça ne prenne des proportions ingérables. À commencer par les instances sportives, les structures éducatives et, bien sûr, les médias. Ces derniers sont souvent responsables de l’excès de chauvinisme en attisant les bas instincts de galeries de supporters dont le football est plus un défouloir qu’une passion. Aujourd’hui, l’on voit bien que ces dérapages en dehors du cadre sportif sont devenus nationaux. De simples rencontres de football censées constituer des moments de détente et de convivialité pour les spectateurs-supporters deviennent des lieux de haine et d’agressivité. Il est évident que ce phénomène ne peut se comprendre qu’à l’aune de la violence existante dans la société. Ces accès de violence remarqués dans le football sont déjà visibles dans la vie de tous les jours des Algériens. Cependant, la question de la violence dans les stades n’est certes pas l’apanage de l’Algérie. Trop souvent le phénomène prend des proportions qui défraient la chronique internationale. Certains commentateurs ont vite fait de condamner le football, considéré comme un sport violent et vecteur de dérives. Des appels à arrêter la pratique de ce sport «maudit» ont été lancés. Pourtant le football fait bien le bonheur des amateurs, ailleurs, dans d’autres pays pas trop lointains. Une grande majorité d’Algériens, passionnés par ce sport et qui suivent les championnats de football de pays comme l’Espagne et l’Angleterre, le savent parfaitement. La discipline, l’ordre et le respect des normes sur le terrain et dans les tribunes laissent souvent admiratif ce même supporter-casseur. Dans nos turpitudes, il faut revenir aux fondamentaux de l’éducation et de la rigueur. Mais, en attendant, il faudrait bien situer les responsabilités. Les dirigeants du football algérien, les services de sécurité, le gouvernement qui n’ont pas pris les mesures élémentaires que dictait la réalité, pas trop belle à voir, de notre football domestique