Le Conseil constitutionnel a annulé les résultats des élections sénatoriales qui ont eu lieu dans la wilaya de Tlemcen.

«Concernant l’élection qui a eu lieu dans la wilaya de Tlemcen, le Conseil constitutionnel a été rendu destinataire d’un seul procès-verbal de dépouillement des voix sur les trois bureaux de vote que compte la wilaya», précise cet organe constitutionnel, dans un communiqué publié lundi.
«Les résultats du scrutin dans cette wilaya n’ont pas été consolidés dans le procès-verbal de centralisation des résultats», ajoute la même source. «En conséquence, le Conseil constitutionnel décide l’annulation du scrutin dans la wilaya de Tlemcen et la réorganisation de celui-ci dans le délai légal prévu à l’alinéa 3 de l’article 131 de la loi organique relative au régime électoral», selon le même communiqué. Rappelons dans ce contexte que les élections partielles du Sénat qui se sont déroulées samedi dernier, 29 décembre 2018, au niveau du siège de l’APW des Cerisiers, ont été émaillées par des échauffourées qui ont opposé les militants du FLN aux membres du RND.
C’est suite à la «défaite» du FLN face à son concurrent le RND qui a remporté les sénatoriales en la personne de Abdou Boudlal que les hostilités ont été déclenchées. Sitôt le verdict connu, un groupe de «baltagias» a fait irruption dans la salle, et c’était la foire d’empoigne et les chaises qui volaient en éclats dans tous les sens. Le siège de l’APW était sens dessus dessous. Ce qui a nécessité l’intervention des forces de l’ordre et des éléments de la Protection civile. Notons que le magistrat a été empêché de prononcer les résultats officiels, malgré la signature des procès-verbaux. C’est un antécédent très grave. Une atteinte patente à l’éthique du scrutin. Dans la mêlée, le député et secrétaire général de wilaya du RND, Amine Senouci, a été grièvement blessé ; il aurait reçu des coups violents sur la figure avant d’être atteint par une chaise lancée à la volée, si l’on croit Mohammed Guerriche, chargé de la communication auprès du bureau local du RND. La victime a été évacuée aux UMC, avec des fractures au bassin, et de multiples plaies graves au visage. Le candidat RND élu au Sénat, Boudellal Abdou, a, lui aussi, été tabassé, et a été admis à l’hôpital pour blessures sérieuses. Même le magistrat supervisant l’opération électorale n’a pas échappé à l’agression, et n’a dû son salut qu’à l’intervention d’un élu de l’APW qui l’a protégé dans un bureau. Il aurait été aussi enregistré 12 blessés du côté FLN, selon l’élu à l’APC de Tlemcen Abdelkader Boucherif et le chargé de communication auprès du bureau du FLN. Selon ces deux militants, le député RND en question Amine Senouci aurait fait usage d’un Taser (pistolet à décharge électrique). Les militants du RND ont initié le lendemain (dimanche) une marche depuis les UMC de Bel Horizon jusqu’au siège de la wilaya au Bd Pasteur où un sit-in de protestation a été observé avant qu’une délégation du RND ne soit reçue par le wali Ali Benyaïche. Dans ce sillage, les deux «belligérants» ont organisé ce lundi, en leur siège respectif (le FLN à la rue de l’indépendance et le RND à la place du 1er Mai), une conférence de presse. A cette occasion et à travers un communiqué, le membre de l’APW (FLN) Miloud Bey a demandé la révision des résultats, l’intervention de la justice, l’ouverture d’une enquête et dénoncé l’intrusion de l’argent sale et plaidé pour le choix de représentants intègres, comme il s’est félicité de la sympathie des autres partis à la suite de cet incident. L’orateur était encadré du sénateur sortant Ahmed Ouraghi, du malheureux candidat Mohamed Bekhchi (P/APW) et du député Kamel Bounaga, avec en guise de «faire-valoir» (pièce à conviction en chair et en os) 3 militants blessés, portant des bandages.<