Le théâtre régional de Mostaganem a décroché le grand prix du Festival national du théâtre professionnel (Fntp) pour son œuvre «Baccalauréat», avant-hier soir lors de la clôture de cette 13e édition. Après dix jours de compétition, le 13e Fntp, qui s’est tenu du 22 au 31 décembre au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA)

, s’est terminé en sacrant la pièce « Baccalauréat », du Théâtre régional de Mostaganem, mise en scène par Azzedine Abbar d’après un texte d’Abdelkader Mustfaoui. Cette tragi-comédie traite du phénomène de l’immigration clandestine et le désespoir de vivre dans des conditions de vie difficiles, l’inégalité de classe entre les riches et les pauvres, l’amour et le pouvoir ou encore la marginalisation de l’art et de la culture dans la société.
Le prix du jury est revenu à la pièce «Sareq wa Khouna» du metteur en scène Mustapha Sefrani, produite par le Théâtre régional de Djelfa, alors que le prix de la meilleure interprétation masculine a été attribué à Mohamed Lahoues pour le rôle qu’il a joué dans la même pièce.
Pour sa part, la comédienne Fissa Mounira Reouabehi a décroché le prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle dans la pièce « Makbett » d’Ahmed Khoudi, produite par le TNA.
Ahmed Khoudi s’est vu décerné le prix de la meilleure mise en scène, tandis que le prix du meilleur texte a été attribué à «Juba II» de Lyès Mokrab (Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou). Ben Youcef Djamel a remporté le prix de la meilleure scénographie pour la pièce «Hanin», du Théâtre régional de Mascara.
Le prix de la meilleure musique, cette année, a été décerné en ex aequo, à savoir à Djamel Kaloune («Juba II») et Mohamed Zami pour la pièce «Rabea Ennissae» de Annaba.
Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a affirmé, dans son intervention que la treizième édition du Festival a « atteint, pleinement ses objectifs et engendré une nouvelle génération d’hommes de théâtre, que ce soit en tant qu’auteurs de textes ou en tant que metteurs en scène et concepteurs de spectacles, cela prouve que le théâtre algérien va bien».
M. Mihoubi a déclaré, en marge de la cérémonie de remise des prix, que «les présentations étaient audacieuses dans leur manière de traiter les problèmes et les questions sociales. Dans certains cas, il s’agit d’une surdose, qui fait partie des caractéristiques du théâtre». Il dira que « ce qui distingue cette édition est l’affluence du public et la qualité des débats qui ont eu lieu après les représentations, ou plusieurs amoureux de cet art ont partagé leurs points de vue sur le théâtre». M. Mihoubi appellera, cependant, les académistes à partager leurs critiques avec les médias : «Certes, les journalistes rapportent leurs points de vue, mais cela n’est pas suffisant, les académistes doivent écrire et publier leurs critique, c’est ce qui manque dans notre presse».
Le jury, présidé par Ahcen Thelilani, a dressé une liste de recommandations et d’observations visant à améliorer les conditions de participation. Ils citeront en premier lieu, «la différence de niveau de participation. Certaines pièces ont penché vers la facilité et la production hâtive pour participer au festival, sans prendre en compte la qualité du travail». Ils estiment également qu’«une partie de ces œuvres manquent de réflexion», et que certaines pièces sont « devenues obsolètes et ne servent plus la réalité actuelle. Elles tombent aussi dans une comédie gratuite et dans la vulgarité comme un moyen de contourner le public et de le draguer». À cet égard, le jury a formulé une liste de recommandations pour le festival et pour la famille du théâtre, dont «l’activation de l’article 4 du règlement du festival, afin de créer un comité spécialisé chargé d’examiner les présentations et l’achèvement de la participation automatique des théâtres régionaux». Ils recommanderont également d’«éviter les textes anciens et déjà mis en scène, et d’adapter des textes originaux». Ils ajouteront que «le ministre doit donner la priorité aux pièces lauréates pour participer à des festivals internationaux». La cérémonie de clôture a vu la représentation de la pièce intitulée «Soit, toi la patrie» (Koun, Anta el Watan», interprétée par les étudiants de la résidence universitaire de Constantine, dans le cadre d’un accord entre le Théâtre national et la direction des services universitaires.