Le renouvellement des membres du Conseil de la nation confirme la suprématie des partis de la majorité. Le FLN et le RND viennent de rafler la majorité des sièges à pourvoir dans cette chambre dont le rôle dans la vie politique nationale reste particulièrement controversé.

La concurrence entre les deux grands partis de la majorité n’est pas nouvelle mais dans la conjoncture actuelle, cela pourrait bien être symptomatique d’un rééquilibrage voulu. L’ex-parti unique devrait se retrouver avec près de soixante sièges au sein de la Chambre haute, devenant de fait le parti majoritaire. Sachant que beaucoup d’actuels sénateurs du tiers présidentiel sont du FLN, la tendance paraît lourde. Cette victoire écrasante du parti dirigé par Bouchareb intervient à une encablure de l’élection. présidentielle. Ce qui pousse toutes les lectures à se faire à l’aune de ce rendez-vous qui monopolise déjà le débat public. Le RND perd ainsi sa première place au niveau de la Chambre haute du Parlement. Le parti d’Ahmed Ouyahia se voit donc régresser, ce qui pourrait dénoter d’une fragilisation voulue d’un parti qui, en principe, devrait représenter un des piliers de l’Alliance présidentielle. En attendant que les résultats définitifs soient proclamés par le Conseil constitutionnel et les nouveaux élus installés lors d’une cérémonie officielle, le renouvellement de la Chambre haute pourrait bien être considéré comme un signe que les observateurs vont s’empresser de décortiquer. Le tiers présidentiel sera aussi concerné par ce changement. La présidence devrait désigner dans les prochains jours de nouveaux sénateurs en remplacement de ceux dont le mandat de six ans est arrivé à expiration. Autre grande inconnue : l’avenir du président du Sénat. Abdelkader Bensalah sera-t-il reconduit ou remplacé par une autre figure ? Intervenant dans cette conjoncture particulière, la réponse sera sans nul doute un signe parlant concernant l’avenir proche de la vie politique du pays.