Le leader de TAJ abandonne son projet de  «conférence du consensus national» sans vouloir l’admettre réellement…

Le président de Tajamou Amel El Jazair (TAJ) a choisi hier la date symbole du 1er janvier pour remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne les spéculations sur la présidentielle de 2019. A propos de réglage d’horloge, c’était surtout une volteface à laquelle s’est livré Amar Ghoul pour qui le scrutin se tiendra en son temps et en son heure. Quelques semaines auparavant, le même Amar Ghoul prétendait le contraire et appelait à la tenue d’une «conférence nationale de consensus» qui aurait dû avoir pour ordre du jour la discussion possible d’un amendement de la Loi fondamentale et la prolongation de l’actuel mandat du chef de l’Etat. Et si pour Amar Ghoul, l’appel lancé par sa formation politique pour la tenue d’une «conférence du consensus national tient toujours» est maintenu, c’est davantage par souci de ne pas de se contredire outre mesure que par réelle intention d’initier une quelconque démarche qui pourrait désormais «parasiter» le calendrier électoral et le compte à rebours avec le grand rendez-vous du printemps prochain. «L’appel lancé par TAJ pour la tenue d’une conférence du consensus national en vue de resserrer les rangs, relever les défis et faire face aux problèmes soulevés tient toujours, et il est nullement lié à la prochaine élection présidentielle», a souligné le leader de Taj. Pour Amar Ghoul, son parti «n’a pas lié cette conférence, qui a pour objectif d’approfondir le processus de réconciliation nationale et accompagner les mutations survenant aux niveaux national, régional et international, ni à la prorogation de l’actuel mandat présidentiel ni à son report». Il a estimé, dans ce sens, que la conférence était «valable avant et après les élections pour mettre fin aux différends et hisser le niveau des discours pour saisir les menaces guettant le pays». Ce qui n’est évidemment pas tout à fait vrai.
Janus à deux têtes
Mais vrai ou faux, c’est la première fois que le numéro 1 de Taj sert de ballon sonde et de balise au débat sur la présidentielle. Cette fois, il le fait dans le sillage des lectures qui ont circulé depuis la déclaration du secrétaire général de l’Ugta, Abdelmadjid Sidi Said qui avait déclaré à partir d’Oran qu’il n’est pas question de report mais d’élection présidentielle à laquelle le chef de l’Etat sortant devrait se présenter une 5e fois. Par ses déclarations reléguant son projet de conférence au second rang et qui sera sans doute vite oublié, M. Ghoul aura fini par incarner la figure de Janus à deux têtes. Le corps politique national, lui, commence l’année avec une indication nouvelle, semble-t-il plus sérieuse selon laquelle on votera pour la présidentielle à la date prévue. Amar Ghoul a-t-il agi seul hier comme avant ? La question importe peu quand on sait que ce chef politique est un soldat discipliné de la majorité et un inconditionnel du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, qu’il soutient pour un 5e mandat comme il l’a répété hier. M. Ghoul a exhorté le chef de l’Etat à «poursuivre sa mission et à se présenter à la prochaine présidentielle». Son parti «saluera, soutiendra et s’emploiera à concrétiser toute décision prise par le président de la République concernant le prochain rendez-vous électoral», a-t-il dit avant d’appeler tous les partis politiques à œuvrer pour la «réussite de la prochaine présidentielle en vue de poursuivre le processus de réformes, de développement et d’édification d’une économie solide». M. Ghoul a estimé que le message de l’Armée nationale populaire (ANP), dans lequel elle a répondu à des articles de presse de retraités de l’armée, «est conforme à l’esprit du message adressé par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika lors de la rencontre Gouvernement-Walis», soulignant que «ce message a clos le débat et a mis fin aux doutes comme il a corrigé les controverses politiques en les encadrant sur les plans constitutionnel et juridique».<