Une nouvelle ère s’est ouverte hier mardi au Brésil, jour de l’investiture en grande pompe du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui a suscité énormément d’attentes avec ses promesses de rupture de l’ordre établi, mais aussi de nombreuses inquiétudes.

Ancien parachutiste et député au style iconoclaste, Jair Bolsonaro, 63 ans, s’est fait élire avec 55% des suffrages le 28 octobre, en promettant une lutte sans merci contre la corruption et la criminalité. Il s’est également engagé à gouverner « pour tous les Brésiliens », malgré ses nombreux dérapages racistes, machistes ou homophobes et son admiration affichée de la dictature militaire (1964-1985) qui lui ont aliéné des millions de compatriotes. La première puissance d’Amérique Latine se prépare à un virage à 180 degrés, aussi bien sur le plan économique, que diplomatique ou sur des questions de société.

Lundi soir, Jair Bolsonaro a déclaré lors d’un entretien à la chaîne Record TV qu’il allait « mettre en place une politique totalement différente de ce qui a amené le Brésil à la corruption et à l’inefficacité». Il a aussi affirmé que ses premières mesures viseraient à « débureaucratiser au maximum » et à « retirer tout le poids de l’Etat qui pèse sur ceux qui produisent ». Samedi, il avait déjà annoncé sur Twitter son intention d’autoriser par décret la détention d’armes pour toute personne au casier judiciaire vierge, assouplissant considérablement la législation actuelle.
Sont également attendues dès les premiers jours de son mandat des mesures fortes sur le plan économique, son gourou ultra-libéral Paulo Guedes préconisant notamment un vaste plan de privatisations. La cérémonie d’investiture donnera le ton de la ligne diplomatique suivie par le futur gouvernement, en totale rupture avec la tradition de multilatéralisme du Brésil.
L’un des invités officiels à Brasilia est le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier a révélé dimanche à Rio que Jair Bolsonaro lui avait confirmé qu’il transfèrerait bien, tôt ou tard, l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem, suivant les pas du président des Etats-Unis Donald Trump. M. Netanyahu devait également rencontrer hier mardi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, qui représentera M. Trump lors de l’investiture. Cette rencontre devrait porter sur la décision de Washington de retirer les 2.000 soldats américains déployés en Syrie. n