La nouvelle année qui débute ne sera évidemment pas comme les autres. Ayant accaparé l’intérêt de la classe politique durant pratiquement les derniers mois, l’exercice 2019 sera à n’en point douter déterminant. L’élection présidentielle d’avril prochain sera indéniablement le point phare de cette année.

Le rendez-vous attendu du scrutin devrait probablement constituer le clou d’une année politique charnière. Les présidentielles sont traditionnellement l’un des moments politiques les plus enthousiasmants dans la vie publique algérienne et devrait de fait constituer l’évènement politique par excellence pour ce que ça représente dans l’imaginaire des Algériens. En attendant que les candidats pour le poste suprême se déclarent et l’entame de la campagne électorale soit engagée, les Algériens restent plus que jamais à l’écoute des annonces liées à ce rendez-vous important. La question de la candidature ou pas du président de la République pour un cinquième mandat continuera jusqu’à l’ultime instant à susciter le débat, les lectures les plus diverses et aussi la controverse au sein d’une classe politique loin de pouvoir se hisser à un niveau qualitatif en matière d’offre. Il est manifeste que désormais l’on entre dans le vif du sujet. Les premiers trois mois seront, à l’évidence, riches en mouvements et en rebondissements. Les prochaines semaines apporteront déjà leurs lots d’effervescence avec la convocation du corps électoral qui devrait, selon la Constitution, se faire 90 jours avant la date du scrutin.

Aujourd’hui que la question du report, un moment fortement évoqué par différents acteurs, semble écartée, toute l’activité politique sera synchronisée sur le rendez-vous prévu en avril prochain. La classe politique dans son ensemble devrait accorder son discours dans sa diversité sur les différentes candidatures et les alliances qui pourraient être mises en place dans cette perspective. Et pour l’heure, les inconnues sont telles que les spéculations devraient redoubler au fur et à mesure que l’on s’achemine vers la date prévue pour le vote.
Le front social en observation
L’année 2019 sera également particulièrement cruciale sur le plan économique et social. La situation du pays malgré des potentialités indéniables demeure fragile. Avec la dévaluation du dinar ressentie par les citoyens dans leur vie de tous les jours, malgré des efforts de stabilisation patents de la part des pouvoirs publics, la vulnérabilité reste de mise.
Le gouvernement devrait continuer à préserver la paix sociale au travers d’une politique de subventions et d’aides sociales maintenue en l’état. Sauf que la raréfaction des finances, une évidence devenue fréquente dans les discours des ministres, devrait compliquer la mission du gouvernement appelé à maintenir la stabilité sociale pour l’année en cours. Il faut dire que les signes d’une situation économique de plus en plus difficile n’ont pas été rares durant l’exercice écoulé. Accentué par un prix du baril continuellement instable. Le gouvernement qui a dû recourir à une « solution » qui reste toujours controversée, celle de la planche à billets, devrait maintenir ce cap durant cette année. Encadrée par une loi de finances particulièrement maîtrisée, il s’agit de ne pas succomber aux tentations restrictives notamment dans une conjoncture politique pas comme le autres.
Il faut dire que le front social a sérieusement chauffé durant 2018 avec notamment les actions des médecins résidents et le licenciement de centaines d’enseignants grévistes à Blida. Le bras de fer dans l’éducation risque d’ailleurs de reprendre de plus belle. La ministre de l’Education qui annonce des réformes dans son secteur sera mise à rude épreuve si l’on se fie aux avertissements émanant des différents syndicats du secteur. Il est évident que 2019 sera incontestablement une année en deux temps, celui de l’avant et de l’après présidentielle. Après les élections qui devraient occuper l’opinion durant un temps, il sera fortement question de revenir à des sujets cruciaux pour l’avenir du pays, dont les impératifs économiques ne sont pas des moindres.n