Tahar Gheziel a raflé le poste de sénateur, battant largement Salah Alouani, le favori indépendant, et broyant ceux du RND et du FLN.

«Les voies de la politique sont comme celles du Seigneur, impénétrables», soupire devant moi un élu, abasourdi par le score fleuve réalisé par le candidat du Front El Moustakbel, Tahar Gheziel, un profane en politique. Elu pour la première fois pour un mandat électoral à l’APW lors des dernières élections législatives et dont le parti ne dispose, au niveau de la wilaya de Ghardaïa, que de 36 sièges, 30 aux APC et 6 à l’APW, alors que les indépendants occupent 88 sièges, le RND 66 sièges et le FLN 41 sièges. Les 29 sièges restant étant éparpillés entre de petits partis. « Non, mon ami, le seigneur n’a rien à voir dans les élections, c’est le règne de l’argent. Nos anciens disaient que l’argent ouvrait la voie, même en pleine mer, aujourd’hui, nous disons que l’argent ouvre la voie aux postes électifs quels qu’ils soient, au plan local ou national. Quand bien même vous êtes complètement analphabète et que vous avez de l’argent, vous serez plébiscité, intronisé et installé au sommet de la pyramide », lui répond un autre élu, complètement déçu de la tournure prise par cette élection. Il fallait observer les mines défaites des électeurs indépendants et ceux du RND qui avaient, en cas de défaite de Salah Alouani, candidat des indépendants, largement majoritaires dans les APC et l’APW, avec 88 voix, et donné aux pronostics comme le futur sénateur, misé sur une victoire du P/APC de Zelfana, Amar Benghochi, leur candidat, un vieux briscard en politique, qui se présente pour la 3e fois au poste de sénateur, poste qu’il avait raté de peu sous les couleurs du FNA lors des élections sénatoriales du 29 décembre 2015. Il avait été battu par un écart de 7 voix par le candidat du FLN, Mohamed Boubtima, qui l’avait emporté avec 71 voix contre 64 pour le candidat du FNA. Cette fois, classé troisième, il a été largement battu par un écart de 41 voix par Tahar Gheziel, le vainqueur, et par un écart de 30 voix par le dauphin, Alouani Salah. L’autre intrigue de cette élection est le nombre élevé de 15 bulletins nuls et de 8 enveloppes vides, donc annulées, soit un total de 23 annulations et ce, sans compter les 3 procurations annulées pour ratures et surcharges et une voix non enregistrée, celle d’un élu de la commune de Mansourah, emprisonné pour une affaire n’ayant aucun rapport avec son mandat électoral. Ainsi donc, sur un collège électoral de 260 élus, dont 221 aux APC et 39 à l’APW, c’est 256 d’entre eux qui se sont présentés aux urnes pour choisir le remplaçant, au niveau de la chambre haute du Parlement, au sénateur indépendant Mohamed Benyounès, dont le mandat de 6 ans est arrivé à échéance. Ils étaient 5 sur les starters blocks, en l’occurrence Alouani Salah, membre APW et ex-directeur d’agence du CPA, qui s’est présenté en indépendant, Iyaiche Othmane, membre de l’APW, élu indépendant d’El Menéa, de l’actuel P/APC de Zelfana, et candidat malheureux pour la 3e fois à briguer un siège au Sénat, Amar Benghochi, de Lakhdar Benkhelifa, adjoint P/APC de Zelfana, candidat FLN et, enfin, de l’entrepreneur et membre de l’APW, Tahar Gheziel qui s’est présenté sous les couleurs du Front El Moustakbel et qui a grillé la politesse à l’ensemble de ses concurrents, raflant aisément le siège tant convoité. L’Entrepreneur connu dans la région et même au-delà des frontières sud du pays, puisqu’il a été le premier Algérien à avoir créé une entreprise de travaux publics au Niger, l’heureux élu, père de
3 enfants, est né en 1969 à Metlili, berceau de la grande tribu des Châambas.
A signaler, qu’en sus de la parfaite organisation ayant entouré toute l’opération encadrée par des magistrats avec la collaboration des cadres de la DRAG de la wilaya de Ghardaïa, qu’aucune remarque, ni plainte, ni recours n’ont été formulés par les autres concurrents qui ont tous reconnu leur défaite devant ce « stratège » Tahar Gheziel. Il a réussi, malgré son entrée tardive en politique, à leur damer le pion et à s’imposer pour occuper le siège de la wilaya de Ghardaïa, laissé vide par Mohamed Benyounès au Palais Zighoud-Youcef. n