L’année 2018 qui s’achève, si elle n’a pas été marquée par un évènement politique en mesure de hisser cette pratique vers le haut, n’aura pas été cependant avare en faits et rebondissements ayant retenu l’attention des Algériens peu accrocs sur ce terrain.

Que peut-on retenir de cette année ? A l’évidence, ce sont les initiatives politiques qui ont été florissantes, sans pour autant donner lieu à une quelconque moisson. Et c’est plutôt l’impasse qui a été renforcée à coup de cadenas au seuil de l’APN. L’année s’achève néanmoins sur une note d’espoir : la béatification était heureusement passée par là- par Oran précisément- pour livrer et distiller un message de tolérance et de raison (lire entretien de Monseigneur Paul Desfarges). 2018 a été manifestement l’année durant laquelle ont vu le jour une pléthore d’initiatives politiques qui renvoyaient globalement à des solutions à la crise multidimensionnelle que vit le pays avant qu’elles ne se focalisent sur la présidentielle 2019. La palme d’or dans ce registre revient, à bien des égards, au président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderezak Makri, qui n’a pas cessé, une année durant, de dérouter citoyens et observateurs, avec ses offres aussi alambiquées les unes que les autres et dont la finalité demeure floue. A telle enseigne que tout ce qu’il a entrepris continue toujours de susciter l’incompréhension et l’interrogation, y compris parmi ses traditionnels alliés. Il a été néanmoins concurrencé, vers la fin de l’année, par le président de TAJ, Amar Ghoul, transfuse du MSP et dont l’appel à une conférence de consensus entre le pouvoir et l’opposition sous l’égide du président Abdelaziz Bouteflika, n’a pas encore livré tous ces secrets.
Force est de constater cependant que le fait qui a marqué la scène politique nationale, c’était le blocage de l’Assemblée populaire nationale (APN) et l’éviction de son président Saïd Bouhadja contesté par les députés de la majorité dont il est pourtant issu sous les couleurs du parti du Front de libération nationale (FLN).
Inédit, le scénario qui a ébranlé le Parlement et les institutions de l’Etat, a fortement retenu l’attention des Algériens, qui se sont interrogés sur les motifs d’une situation qui a tenu en haleine l’opinion publique nationale pendant plus d’un mois.

Le clou de cette situation était incontestablement le recours par des députés au cadenas pour obstruer l’accès du président de la chambre basse du Parlement. Il aura fallu ainsi plus d’un mois pour débloquer une situation ubuesque dans laquelle s’est plongée une Assemblée déjà sujette à une multitude de critiques.
Et c’est Mouad Bouchareb, député du FLN, qui succéda à Saïd Bouhadja au perchoir de l’APN. Les choses se sont par la suite accélérées au sein du parti du FLN dont le secrétaire général, Djamel Ould Abbès, a été invité, dans le flou et la confusion, à laisser sa place. Ce qui entraîna une situation organique complexe pour le Front qui finira par se doter d’une instance collégiale et intérimaire chargée de gérer les affaires du parti jusqu’à l’organisation d’un congrès extraordinaire. A la tête de cette instance, c’est le désormais nouveau président de l’APN, Mouad Bouchareb, qui a été plébiscité malgré quelques zones de protestation au sein du parti. L’année qui s’achève a été également animée par des blogueurs et autres journalistes qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires dont une partie restent toujours en cours, laissant apparaître dès lors des expressions de solidarité et de soutien de la part de la société civile et des avocats. L’année 2018 n’a pas été exclusivement celle de l’intrigue, de l’agitation et de la manœuvre politique. Elle a été aussi celle de la tolérance, du dialogue et de la coexistence religieuse traduite par la béatification des 19 personnalités chrétiennes, restés en Algérie durant la décennie noire, dont les sept moines assassinés à Tibhirine (Médéa).
La cérémonie de béatification, qui s’est déroulée à Oran, aura incontestablement constitué un moment fort et important réconciliant non seulement la pensée libre et la libre pratique cultuelle, mais aussi un message de tolérance et de l’acceptation de l’autre. Un message à semer partout et tout le temps.